Présence et retrait

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Thébaïde : lieu désert dans l’Égypte où se retirèrent de pieux solitaires chrétiens ; ainsi nommé parce qu’il était voisin de la ville de Thèbes. Dictionnaire de la langue française Émile LITTRÉ.

Une thébaïde est donc un lieu de solitude. Une référence plutôt littéraire mais aussi une réalité, un petit ermitage en pleine nature environné de sapins, de prairies et de bois, face à un très vieux massif de hautes collines. Un lieu de solitude, de retrait, pas spécialement chrétien d’ailleurs et ne se rattachant à aucune « spiritualité » particulière. Un lieu de vie avant tout, un lieu également inspirant pour Théophraste qui y trouve une heureuse diversion à Paris où il a vécu plus de quatre décennies de son existence et où il revient toujours. Car Théophraste est un citadin qui  a longtemps rêvé de « vivre à la campagne », qui aime la nature et qui n’en rêve plus puisqu’il y vit désormais, mais toujours à temps partiel.

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Théophraste ne se complaît pas dans la solitude, ni ne la fuit, ni ne l’exalte. De la  solitude urbaine au paysage humain morne, multiple et chatoyant à l’humanité raréfiée de la solitude rurale, il va et vient, sans choisir mais la nature lui apporte un ensemble de perceptions indéfinissables. Le rapport obligé à la terre dans ces activités dites de jardinage souvent idéalisées par le citadin en mal de campagne et qui comme désherber, passer la tondeuse peuvent devenir de véritables corvées, ce rapport a toutefois ceci de stimulant qu’il révèle ce que l’intervention d’un seul individu peut générer  en terme d’harmonie dans un environnement délimité dont on prend soin.
Cependant il ne s’agit pas non plus d’une retraite, d’un ressourcement, d’un recueillement comme  on l’entend généralement lorsqu’on pense à une vie loin des villes. Certes les opportunités contemplatives sont fréquentes, les cieux changeants, les lumières et les couleurs, le vent dans les arbres,  toutes ces formes de vies élémentaires et captivantes, du ver de terre à l’escargot, de l’escargot à la mésange, à la buse qui tournoie dans le ciel, à la biche qui jette un regard inquiet avant de disparaître derrière un fourré… tout ce qui redonne sans cesse à la vie son sens premier, mais pour autant Théophraste ne se coupe pas du monde comme il va. Nul souci de « développement personnel », point de pratique méditative, de prétendue quête spirituelle, changement dit créateur ou autre vaticination d’un moi en recherche.
Ainsi se tient-il régulièrement informé de ce qui advient dans le vaste monde dont les soubresauts, les crises, les ruptures,  les déchirements ne le laissent pas indifférent. Ce faisant il revient sans cesse au paysage premier dans lequel dès l’aube en ouvrant les volets de la thébaïde il peut s’immerger.
Les billets qu’il publiera sur ce blog n’auront d’autre objet que de faire le lien entre ce qui advient dans le chaos du monde et l’essentielle pérennité d’une nature apparemment banale, apparemment…
 

Lire aussi : Qui est Théophraste ?

Contacter Théophraste : lionelf@laposte.net

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