Éducation et conscience

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Il est un espace, celui que circonscrit le mouvement d’un astre. De quelque endroit que nous considérions cette notion nous pouvons la rapporter à ce plan elliptique que décrit la planète Terre dans l’infini cosmique.

Cette réalité astronomique nous parle-t-elle et en quels termes ?  S’agit-il de la projeter en images de synthèse comme pour une nouvelle échappée dans un cybermonde qui nous permettrait de fuir les tragiques réalités que nous avons créées à la surface de celui qui nous porte et nous apparente toujours, depuis le fond des âges, à ce phénomène ténu mais pugnace dont les origines nous confondent : la vie ?

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Dans l’inextricable maillage de nos contradictions, force est de constater aujourd’hui que, sur cette Terre, nous en sommes devenus le principe de conservation et d’évolution mais aussi la principale puissance de désintégration, puisque en dépit de nos intentions affichées, la biosphère continue de souffrir gravement de notre action et que nous sommes collectivement  incapables de contrôler l’exercice de notre propre violence dont nous ne voulons pas à l’évidence regarder les causes profondes. 

En effet sur ce qui nous déchire, sur le caractère inéluctable des conflits entre individus, familles, nations, systèmes économiques, politiques, religieux, culturels nous avons empli des bibliothèques, des médiathèques… Nous en référons sans cesse à l’Histoire, nous élaborons des institutions, convoquons des conférences, réunissons des instances. Ce faisant nous avons instrumentalisé une myriade de concepts qui demeurent impuissants à conjurer l’horreur dans laquelle nous sombrons ponctuellement.

Cependant nous sommes unanimes sur la valeur qu’il convient d’accorder dans toutes les régions du monde, et en dépit des énormes disparités de nos modes de vie, à ce processus d’épanouissement de l’humain dans le petit homme que nous appelons Éducation. Mais là encore point d’angélisme ; le genre humain est loin de s’entendre sur les modalités, les contenus, voire les finalités de ce processus dont la nécessité est simplement et pragmatiquement admise.

Nous continuons à nourrir de vagues espoirs d’établir enfin sur cette Terre déjà irrémédiablement meurtrie ce que nous n’avons jamais défini que par opposition à la guerre et au malheur, peut-être pour en mythifier l’échéance et mieux nous accommoder de leur improbable occurrence : la paix et le bonheur…

Et dans l’espace circonscrit par le patient cheminement de la Terre, de cet astre soumis à des lois cosmiques dont nous avons élaboré la compréhension, nous sommes, semble-t-il, la seule forme du vivant qui ait accès à la conscience de soi et du monde. Ne nous donne-t-elle pas cette conscience, une responsabilité particulière ? Ne questionne-t-elle pas nos réponses ?

Comment donnerons-nous aux enfants et aux « générations futures » qu’en nommant ainsi nous projetons dans un lointain devenir le sens de ce qui aujourd’hui encore nous fait gravement défaut, celui de notre humanité essentielle ? Celle qui se manifeste chaque fois que se lèvent les barrières que nous avons dressées dans notre mental commun : barrières ethniques, politiques, économiques, culturelles, religieuses.

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Dans les situations extrêmes, nous consentons à le faire, pas toujours sans arrière-pensée d’ailleurs. Qu’attendons-nous pour nous engager pleinement dans cette démarche ? La survenue de désastres majeurs, plus terrifiants encore que ceux dont nous faisons ponctuellement la tragique expérience ? Ne serions-nous capables d’ouverture, de générosité, de compassion que lorsque les puissances de la Nature nous déstabilisent brutalement et font mesurer à chacun d’entre nous la fragilité même de son existence physique ?

Les défis que nous devons relever en ce « troisième millénaire » ne nous laissent pas le choix : surpopulation, montée des tensions, multiplication des conflits et des guerres, recrudescence du terrorisme, épuisement des ressources naturelles, dégradations et menaces majeures sur l’environnement. A moins que d’acquiescer à la déraison planétaire et d’être prêts à en assumer les terribles conséquences, saurions nous faire un modeste constat ? Celui d’une évolution inachevée, la nôtre…

Or, confrontés à l’urgence et à la croissante complexité d’un monde dont nous avons hérité et dont, malgré nos extraordinaires avancées technologiques, nous ne savons par nos comportements que perpétuer la confusion globale, où trouverons-nous les réponses adaptées sinon dans le champ de notre conscience ?

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Texte publié initialement sur un support numérique en 2007, répertorié au dépôt légal de la BNF et par Électre sous le nom de l’auteur et de l’éditeur.


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