Destruction de la nature…

…à marche forcée

Tous les termes écrits en bleu sont des liens cliquables.

L’idéologie du progrès et son corollaire, la course au profit, avec ses corrélats : compétition, compétitivité, croissance, « concurrence libre et non faussée » (!), développement durable  (pour combien de temps encore ?!) … n’ont pas fini de faire d’incommensurables ravages.

Une marche forcée pour les décideurs, les « forces vives », les gouvernants élus démocratiquement ou non, les têtes hyper pensantes en cohérence avec les indices boursiers… et au final un marathon qui  séduit les masses partout dans le monde.

Ainsi vont-elles courir à cette super expo à Milan :
« Nourrir la planète, Energie pour la vie » Une expo « universelle », attention !

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De Notre-Dame des Landes à Sivens et au Lyon-Turin * pour ne parler que de l’hexagone et de son voisin transalpin, les grands projets poussent, telle la future et controversée  tour triangle  dans le 15e arrondissement de Paris, comme des champignons frappés de gigantisme partout où il est possible de bétonner, de saccager sans vergogne et sans retenue dès lors qu’il existe un ministère de « l’écologie » (!) et un cadre légal pour mener à bien ces grandes œuvres qui s’inscriront dans les siècles des siècles !

Dans un petit ouvrage paru en octobre 2004 : Survivre au développement (Mille et une nuits), Serge Latouche, au chapitre IV, L’imposture développementiste, cite Konrad Lorenz :
« To develop an area signifie détruire radicalement toute végétation naturelle dans la zone en question, recouvrir le terrain ainsi dégagé de béton ou, dans le meilleur des cas, de gazon pour parc à voitures, si par hasard il restait un morceau de place, le consolider par un mur de béton, régulariser les petits cours d’eau par des barrages ou, si possible, les canaliser, infester le tout de pesticides et le vendre ensuite le plus cher possible à quelque consommateur urbanisé et abruti. »
Konrad Lorenz, L’Homme en péril, Paris, Flammarion, 1975, p. 13

Et ce n’est pas que la belle nature qui est menacée, les villes dans lesquelles nous nous entassons le sont aussi ; elles aussi à la merci des décideurs, « forces vives », gouvernants, têtes hyper  pensantes etc…

Désastres urbains. Les villes meurent aussi.

* Connaissez-vous Erri de Luca, l’écrivain le plus lu en Italie qui a pris courageusement position contre ce projet et a fait l’objet de poursuites judiciaires ? Ce qui l’a conduit à publier un bref essai sur la « liberté d’expression » : La parole contraire (lire cet article !).


A propos :

Dans un monde de douleur et d’effroi

Théophraste ne prétend pas changer la société et encore moins le monde. Il conçoit et diffuse ce blog comme il le peut, d’abord et avant tout pour témoigner de ses inquiétudes et de son indignation mais aussi de sa confiance en la nature qu’il se garde cependant de déifier. Il espère ce faisant, dans un contexte de déshumanisation globale, préserver sa propre humanité et peut-être, sans trop savoir ni prétendre, celle de ses éventuels et fugaces lecteurs. Par ailleurs, les croyances, les incohérences, les appétits de réussite, de pouvoir, d’argent, de sexe, l’orgueil souvent démesuré, l’ordinaire mépris que nuance à peine l’indifférence, la méfiance souvent pathologique, les susceptibilités souvent maladives, le besoin souvent compulsif de dominer et d’être le plus fort, la jalousie souvent insidieuse, l’hypocrisie et la lâcheté souvent sans bornes, le perpétuel côtoiement de l’intelligence et de la bêtise chez ses « frères humains »* le laissent pantois. Il réfute tous les mots en isme, à commencer par le nihilisme, et ne s’estime pas plus philosophe qu’écrivain (en dépit de son nom de « plume » qui est aussi un prénom). Il est vrai qu’il écrit mais si peu…

S’il dérange ce n’est ni par plaisir, ni par goût de l’exagération, mais par un besoin vital d’ajustement au réel, à ce qui est et à ce qui devient dans ce monde de douleur et d’effroi. Enfin hormis la perception factuelle et quasi quotidienne de tout ce qui précède, il n’a au fond de lui même qu’une seule certitude, c’est qu’il ne sait rien.

* Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
François Villon (1431-1463)
La Ballade des pendus


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