Brève Migrants

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La photo (plus que terrible) prise sur une plage de Turquie et qui a fait le tour du monde et des médias semble avoir dopé l’hospitalité et boosté la solidarité de certains pays de l’ex communauté élargie du « charbon et de l’acier » (CECA), sauf à l’est. Ah ! Ces pays de l’est !

Et les français tout juste sondés se montreraient majoritairement réticents, notamment à l’accueil des syriens. Il est vrai que nous sommes au pays des « droits de l’homme » !

Une autre image avait auparavant circulé sur la toile qui a été bien moins reprise et diffusée, celle du drapeau européen dont les 12 étoiles avaient été remplacées par 12 cadavres de migrants, sur un fond de mer bleue. (Auteur : Banksy)

Il n’en reste pas moins qu’à l’heure de cette publication des centaines de migrants subsahariens mais aussi afghans continuent  de survivre à Paris grâce aux bénévoles, au mieux dans les conditions précaires d’un squat, ou encore en bord de Seine sous tentes et pour certains à même le béton sous une couverture, avec la compagnie des souris et des rats. Ainsi depuis la photo choc, la compassion dans les tweets de certains hauts responsables a visiblement du mal à se répercuter dans le réel.*

Théophraste reviendra dans les prochaines semaines pour une réflexion plus approfondie sur ce qui est en train de se passer et qui n’a pas fini de faire la une des médias. Et puisqu’il est aussi question d’accueillir des migrants chez soi, il fera une proposition dans l’esprit de ce blog…

A la mémoire de tous les enfants anonymes morts sur les chemins de l’exil, victimes de la cruauté et de l’indifférence de ce monde.

Montrer mon visage, ma maigreur –
hausser ma voix isolée, puérile –
cela n’a plus de sens : la lâcheté habitue
à voir mourir de la façon la plus atroce
les autres, avec la plus étrange indifférence.
Je meurs et cela même me nuit.  

Mostrare la mia faccia, la mia magrezzza –
alzare la mia sola, puerile voce –
non ha più senso : la viltà avvezza
a vedrere morire nel modo più atroce
gli altri, con la più strana indifferenza.
Io muoio, ed anche questo mi nuoce.

Pier Paolo Pasolini (1922-1975)
Poésie en forme de rose, Poesia in forma di rosa
traduit de l’italien par René de Ceccaty, p. 53, Rivages poche, Paris, 2015 (Garzanti, Milano, 2001)

Il faut absolument lire cette interview du poète syrien ADONIS :
Si rien ne change, il ne restera bientôt de l’Europe que le nom et la forme.

Migrants : la solution

* Mais (stimulées par l’accueil massif organisé outre-Rhin ?) les positions officielles semblent évoluer : Le préfet d’Ile de-France : «Quel que soit le chiffre de migrants, nous ferons face» Libération 10/9/2015, Anne Hidalgo se serait engagée à reloger les migrants du quai d’Austerlitz (11/9/2015)


 A propos :
Dans un monde de douleur et d’effroi

Théophraste ne prétend pas changer la société et encore moins le monde. Il conçoit et diffuse ce blog comme il le peut, d’abord et avant tout pour témoigner de ses inquiétudes et de son indignation mais aussi de sa confiance en la nature qu’il se garde cependant de déifier. Il espère ce faisant, dans un contexte de déshumanisation globale, préserver sa propre humanité et peut-être, sans trop savoir ni prétendre, celle de ses éventuels et fugaces lecteurs. Par ailleurs, les croyances, les incohérences, les appétits de réussite, de pouvoir, d’argent, de sexe, l’orgueil souvent démesuré, l’ordinaire mépris que nuance à peine l’indifférence, la méfiance souvent pathologique, les susceptibilités souvent maladives, le besoin souvent compulsif de dominer et d’être le plus fort, la jalousie souvent insidieuse, l’hypocrisie et la lâcheté souvent sans bornes, le perpétuel côtoiement de l’intelligence et de la bêtise chez ses « frères humains »* le laissent pantois. Il réfute tous les mots en isme, à commencer par le nihilisme, et ne s’estime pas plus philosophe qu’écrivain (en dépit de son nom de « plume » qui est aussi un prénom). Il est vrai qu’il écrit mais si peu…

S’il dérange ce n’est ni par plaisir, ni par goût de l’exagération, mais par un besoin vital d’ajustement au réel, à ce qui est et à ce qui devient dans ce monde de douleur et d’effroi. Enfin hormis la perception factuelle et quasi quotidienne de tout ce qui précède, il n’a au fond de lui même qu’une seule certitude, c’est qu’il ne sait rien.

* Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
François Villon (1431-1463)
La Ballade des pendus


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