Migrants : l’analyse d’un discours…

et d’une situation

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Théophraste souhaite se livrer à une réflexion approfondie sur ce qui se passe depuis quelques semaines, qui s’amplifie et continuera de s’amplifier, comme on pouvait le prévoir… N’en ayant guère le temps en ce moment il prend cependant la peine de relayer un excellent article très référencé publié par le journaliste belge d’investigation Michel COLLON :

Le discours sur les réfugiés syriens : un analyseur

De retour d’Italie il a pu prendre la mesure de la manière dont ces événements y sont perçus. Les journaux régionaux du Frioul (Nord-est de l’Italie, entre Venise et Trieste) font de gros titres sur les « profughi », autrement dit réfugiés, exilés qui du fait de la fermeture des frontières par la Hongrie cherchent une nouvelle route des Balkans et pourraient arriver à Trieste. Les sentiments de la population semblent partagés…

Venise 15 septembre 2015

Quelques extraits de l’article en lien ci-dessus, qu’il faut cependant prendre le temps de le lire dans son intégralité. Il n’est pas si long que ça :

« Il s’agit clairement de cantonner la misère du monde produite par les politiques économiques des grandes puissances impérialistes d’une part et par les guerres pour le contrôle des matières premières d’autre part, à la périphérie des pays riches. Nous sommes en présence d’une des multiples déclinaisons de l’ultralibéralisme : privatiser les gains et socialiser les pertes et/ou les coûts. 
(…)
Il est vrai qu’une nouvelle fois les reportages et discours médiatiques ont été centrés sur les conséquences de la situation et non sur les causes. Tout se passe comme si brusquement nous étions en présence d’une tornade imprévisible et non face aux résultats prévisibles des déstabilisations stratégiques dans lesquelles nos gouvernants ont une responsabilité majeure.
(…)
Si les propositions de tri entre réfugiés chrétiens et réfugiés musulmans révèlent l’enracinement de l’islamophobie, celle entre émigrés économiques et réfugiés politiques révèlent la campagne consensuelle (consciente ou non, le résultat est le même) visant à masquer les causes des crises qui secouent notre monde. 
(…)

Une logique coloniale
Le discours sur le tri conduit inévitablement à des propositions de dispositifs. Il est donc proposé à droite comme à gauche de multiplier les centre de tri ou « hotspot ». En bonne logique coloniale, il est proposé d’installer ces nouveaux centres dans les pays méditerranéens et en Afrique même. Il s’agit ni plus ni moins que d’externaliser le « sale boulot » pour qu’il demeure invisible. Le fait que des pays membres de l’Union européenne soient concernés souligne simplement que la logique coloniale s’étend au sein même de l’Europe. La dernière « crise grecque » et son dénouement illustre que ce pays est traité comme le sont les anciennes colonies c’est-à-dire avec la même logique de mise en dépendance et de pillage. »

Lire l’article dans son intégralité : ici

Le dernier texte sur le sujet Brève Migrants faisait état des engagements de la Mairie de Paris pour héberger enfin les migrants du Quai d’Austerlitz et ceux du campement de la Mairie du 18e. C’est semble-t-il chose faite depuis quelques jours. Des hébergements parfois déplorables et pour une durée très limitée.

« C’est le devoir de la France où le droit d’asile fait partie de son âme et de sa chair. »
François Hollande
(no comment !)

Lire ici des témoignages.


A propos :
Dans un monde de douleur et d’effroi

Théophraste ne prétend pas changer la société et encore moins le monde. Il conçoit et diffuse ce blog comme il le peut, d’abord et avant tout pour témoigner de ses inquiétudes et de son indignation mais aussi de sa confiance en la nature qu’il se garde cependant de déifier. Il espère ce faisant, dans un contexte de déshumanisation globale, préserver sa propre humanité et peut-être, sans trop savoir ni prétendre, celle de ses éventuels et fugaces lecteurs. Par ailleurs, les croyances, les incohérences, les appétits de réussite, de pouvoir, d’argent, de sexe, l’orgueil souvent démesuré, l’ordinaire mépris que nuance à peine l’indifférence, la méfiance souvent pathologique, les susceptibilités souvent maladives, le besoin souvent compulsif de dominer et d’être le plus fort, la jalousie souvent insidieuse, l’hypocrisie et la lâcheté souvent sans bornes, le perpétuel côtoiement de l’intelligence et de la bêtise chez ses « frères humains »* le laissent pantois. Il réfute tous les mots en isme, à commencer par le nihilisme, et ne s’estime pas plus philosophe qu’écrivain (en dépit de son nom de « plume » qui est aussi un prénom). Il est vrai qu’il écrit mais si peu…

S’il dérange ce n’est ni par plaisir, ni par goût de l’exagération, mais par un besoin vital d’ajustement au réel, à ce qui est et à ce qui devient dans ce monde de douleur et d’effroi. Enfin hormis la perception factuelle et quasi quotidienne de tout ce qui précède, il n’a au fond de lui même qu’une seule certitude, c’est qu’il ne sait rien.

* Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
François Villon (1431-1463)
La Ballade des pendus


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