Chant d’automne

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Le grand barnum inter étatique pour « sauver le climat » va bientôt commencer au Bourget. La France instaure un contrôle aux frontières pour un mois ; ça ne remet pas en cause Schengen, ça n’a rien à voir, paraît-il, avec la « crise » des migrants… Mais sans doute faut-il bloquer les trublions susceptibles de perturber le gratin des décideurs planétaires qui va rendre visite à  ce si beau pays (le plus visité au monde !), un pays qui vit sous l’emprise de ses 58 réacteurs nucléaires vieillissants… Mais passons, ce n’est pas le sujet.

Pour l’heure, la conso quasi universelle d’huile de palme génère d’immenses et incontrôlables incendies de forêt en Indonésie. On n’en parle guère sinon pour relever sur France Culture que depuis octobre ces incendies ont généré autant de CO2 dans l’atmosphère que l’Allemagne en un an ! Adieu les orangs-outans (ces grands singes à l’allure presque humaine)  et autres espèces protégées…  Lire ici (c’est aussi bref qu’impressionnant).

Ah l Le CO2, les, les 3 %, la croissance, le CAC 40 et autres indices du bonheur humain ! Vive l’avenir ! Où est passée la génération des « no future » ?

           

En attendant Noël, ce grand moment de conso, de cadeaux inutiles, de joie familiale et encore un peu chrétienne (une si belle histoire…), Théophraste offre en news climatiques un petit reportage photos sur l’automne à la thébaïde. Un automne si doux que n’était la chute des feuilles, on se croirait encore en juin. En tout cas l’herbe continue de pousser mais comme elle reste humide en journée, on ne peut plus utiliser la tondeuse et il faut y aller à la débroussailleuse, un engin aussi efficace que barbare.

Alors l’été indien sans fin ou le retour rapide aux frimas ? La nature seule le dira qui génère tant de merveilles innocentes et gratuites et qui n’a pas fini de nous parler un langage que visiblement nous ne comprenons plus depuis fort longtemps, nous qui avons quasiment oublié que nous émanons d’elle et que nous avons toujours besoin d’elle, ce qui’elle ne manquera pas de nous rappeler à sa manière et sans crier gare…

    

Mais que sont devenus les « no future » ?

Chant d’automne

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon cœur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? – C’était hier l’été ; voici l’automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

Charles Baudelaire (1821-1867)
Les Fleurs du mal

Un poème un peu décalé  avec le réchauffement climatique (n’est-ce pas?), mais  que Théophraste est encore en mesure de réciter par cœur comme en sa tendre adolescence pour le bon vieux prof de français qui le lui avait fait apprendre et qui comme disait un autre poète du 16 ème siècle, lui aussi chantre de la nature, Pierre de Ronsard (1524-1585), « par les ombres myrteux » a dû prendre « son repos ».

  

Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.
Sonnets pour Hélène, II, XLIII

   « Un autre monde est encore possible » selon ATTAC, mais qui intéresse-t-il vraiment ?
Les « no future » ?

    

Pour « aller plus loin » La canicule, Dieu, le FRIC

    Pour un retour aux sources : Le désastre : un projet de l’inconscient collectif ?


A propos :
Dans un monde de douleur et d’effroi

Théophraste ne prétend pas changer la société et encore moins le monde. Il conçoit et diffuse ce blog comme il le peut, d’abord et avant tout pour témoigner de ses inquiétudes et de son indignation mais aussi de sa confiance en la nature qu’il se garde cependant de déifier. Il espère ce faisant, dans un contexte de déshumanisation globale, préserver sa propre humanité et peut-être, sans trop savoir ni prétendre, celle de ses éventuels et fugaces lecteurs. Par ailleurs, les croyances, les incohérences, les appétits de réussite, de pouvoir, d’argent, de sexe, l’orgueil souvent démesuré, l’ordinaire mépris que nuance à peine l’indifférence, la méfiance souvent pathologique, les susceptibilités souvent maladives, le besoin souvent compulsif de dominer et d’être le plus fort, la jalousie souvent insidieuse, l’hypocrisie et la lâcheté souvent sans bornes, le perpétuel côtoiement de l’intelligence et de la bêtise chez ses « frères humains »* le laissent pantois. Il réfute tous les mots en isme, à commencer par le nihilisme, et ne s’estime pas plus philosophe qu’écrivain (en dépit de son nom de « plume » qui est aussi un prénom). Il est vrai qu’il écrit mais si peu…

S’il dérange ce n’est ni par plaisir, ni par goût de l’exagération, mais par un besoin vital d’ajustement au réel, à ce qui est et à ce qui devient dans ce monde de douleur et d’effroi. Enfin hormis la perception factuelle et quasi quotidienne de tout ce qui précède, il n’a au fond de lui même qu’une seule certitude, c’est qu’il ne sait rien.

* Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
François Villon (1431-1463)
La Ballade des pendus


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