Automne 2016 à la thébaïde (2)

Évidemment le lecteur qui aborde ce blog et ce qui va suivre pourra se demander une fois encore si  Théophraste ne va pas verser dans le catastrophisme et se dire qu’après tout rien ne doit nous empêcher de vivre comme nous l’entendons. Et donc à quoi bon relever ce type de discours, qu’il s’agisse de ce qui a trait aux réfugiés (la crise migratoire !), à l’homophobie, aux expulsions et à tout ce qui fait le quotidien morose de l’individu lambda dans une ville aussi tristement distrayante que Paris ou dans le fin fond d’une province aussi tristement ennuyeuse que n’importe quelle autre.

Théophraste parlera ici encore de la nature, de la manière dont il la vit : travail, soins de la terre et des végétaux, contemplation. Eh oui ! Ça arrive plus souvent à la campagne qu’à Paris…

Rappelons qu’il ne jouit d’aucun privilège. Il a pu acquérir la thébaïde grâce à ses économies de fils de pauvres sans héritage, après avoir galéré presque 4 décennies en exerçant son boulot de petit prof du mieux qu’il a pu dans une institution peu recommandable que tout le monde connaît et qui usurpe outrancièrement le noble terme d’Éducation.

Soyons bref sur le catastrophisme. Un récent rapport du WWF fait état d’une chute drastique de la biodiversité (vertébrés, amphibiens). Il suffit de faire une recherche pour trouver les chiffres qui sont bien sûr alarmants mais à quoi bon s’alarmer !.

Entendu à la radio qu’à ce jour la température au pôle Nord est de 5° alors qu’elle devrait être de moins 25 ; la banquise se rétracte et ne joue plus son rôle de régulateur du climat. D’ici 15 ans l’Arctique sera libre de glace, une aubaine pour de nouvelles exploitations pétrolières. Voilà qui est dit pour le catastrophisme et pour tous les climato-stupides que nous sommes majoritairement puisque tous nous continuons

Mais si les amphibiens disparaissent, on en voit encore ponctuellement à la thébaïde. Ainsi de temps à autre un crapaud dans le caniveau, une grosse salamandre jaune et noire dans la fosse du compteur d’eau…

salamandre

Quant aux oiseaux : mésanges, rouges-gorges, geais, occasionnellement un pic-vert, buses prédatrices, ils ne manquent pas. Et les papillons qui virevoltaient encore il y a peu autour des buddleias et de la lavande sont toujours aussi chatoyants.

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Dernièrement, sentant leur fin venir les insectes essayaient d’entrer dans la maison, notamment les coccinelles dont Théophraste se souvient que lorsqu’il était enfant il en posait une sur sa main et soufflait délicatement sur elle pour qu’elle s’envole, lui demandant « d’aller dire au bon dieu qu’il fasse beau demain ».

En fait il disait alors « pour qu’il fait beau demain » car l’enfant ignorait l’usage du subjonctif. Aujourd’hui encore il lui arrive de recueillir ce petit insecte et de formuler cette demande  mais il dit « pour qu’il fasse ». Le bon dieu doit en être ravi ! Et sans doute n’est-ce pas un hasard si sa première, unique et dernière bagnole a été une VW 1200, c’est-à-dire une coccinelle, et rouge qui plus est (cf 70 balais, banzaï !).

coccinelle

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1973 sur la route de l’Oukaïmeden (Haut Atlas, Maroc)

C’est peut-être à de si petites choses que le divin créateur est sensible et que pardonnant à Théophraste son paganisme et son athéisme il le protège lui, le déshérité de l’ex-pays minier des « Hauts de France » (qui ayant largement viré au lepénisme  lui fichent le haut le cœur), lui, le blackboulé du système dit éducatif franchouillard.
Ainsi après bien des avanies à lui causées par ses « frères » et « sœurs » humains, surtout dans ce fameux système où prévaut en terme d’exemplarité pour les élèves, futurs citoyens solidaires (!), le chacun pour soi de ces « collègues » qui se tutoient fraternellement, le seigneur (eh oui !) lui a-t-il permis d’acquérir cet ermitage laïc au cœur d’une très vieille province française où on lui fiche la paix et où il peut se livrer à ses activités de jardinage et à une forme très personnelle de méditation qu’il ne transmettra à personne  ! Que le seigneur en soit loué ! La vie n’est donc pas qu’un long malheur tranquille.

Mais il était question de plantations. Revenons-y.

Le 2 novembre (jour des morts) les végétaux ont été livrés. Trois rhododendrons (2 violets, 1 jaune), 4 chèvrefeuilles, 1 lilas blanc et 1 bambou sacré pour une plantation en pot. En fait cet élégant petit arbuste au feuillage persistant n’a rien d’un bambou. Le Nandina domestica est appelé ainsi parce qu’on le trouve à l’entrée des temples en Asie. Ses petites fleurs blanches donnent des baies rouges comme son feuillage  en automne. Il est paraît-il rustique jusqu’à – 15°. Pour l’hiver on le mettra à l’abri au pied du sapin et derrière un imposant massif de cotonéaster.

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En fait comme il a été dit dans Automne 2016 à la thébaïde (1) le plus dur a été la mise en place des rhododendrons en plusieurs étapes puisqu’il fallait décaisser sur 50 cm, que la terre était sèche etc,  et qu’il a fallu beaucoup d’effort pour creuser cette fosse de plantation.

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Les rhododendrons sont en attente sous le sapin.

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Deux apports de terre bruyère (3 sacs de 50 l puis 2 autres de 70 l) ont permis de planter mais il faudra en apporter encore un demi sac pour être vraiment à niveau. Après quoi étendre un géotextile autour des plantes et pailler avec des copeaux de bois, ce qui permet de garder l’humidité en été et surtout d’empêcher les adventices (mauvaises herbes) de s’installer, sachant qu’il y en aura quand même, mais moins…

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Le lilas blanc et les chèvrefeuilles ont demandé moins d’effort.

« Passe encore de bâtir ; mais planter à cet âge ! »
Le vieillard et les  trois jeunes hommes

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Pour LA FONTAINE il s’agit d’un octogénaire mais bon !
Lisez cette fable. Sa brièveté n’a d’égale que sa sagesse.
C’est ICI.

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A suivre…
au printemps !

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Dernières fleurs 2016.

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