Alléluia 2016

Pour la 2016ème fois le « divin enfantt » serait venu en ce monde de douleur et d’effroi.

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Madonna col bambino, Musée Correr, Venise

Inutile de s’attarder sur ce qu’est devenue cette fête de l’absurde hyper-consommation occidentale et cette débauche de cadeaux inutiles, de bons sentiments, de religiosité niaise, de sur-bouffe à base de « fruits de mer », foie gras, dindes farcies, chapons fermiers, oies grasses, bûches à la crème et chocolats fourrés.

Bien sûr tout le monde ne se livre pas à de telles agapes et « Dieu merci ! », c’est le cas de le dire, certains s’emploient à faire de ces « fêtes » un moment de « sobriété heureuse » ou de partage et de tempérance raisonnée, tel Théophraste dont c’est d’ailleurs le mode de vie quotidien.

Théophraste qui cependant s’interroge en ce jour de paix quasi universelle (un oxymore du réel !). Combien faudra-t-il encore de guerres, de destructions, de massacres, de génocides, d’horreurs et de monstruosités pour que l’humanité comprenne enfin le fourvoiement ontologique de ses « religions », ses « cultures », ses « civilisations », ses « identités », ses « nationalités », ses « patries », ses « idéaux» etc, avec toujours en filigrane ses pulsions de possession et de destruction, son mythique « amour », etc, etc… (cf 70 balais banzaï).

S’il était inévitable que ça se passe ainsi depuis les siècles et les siècles, il est désormais extrêmement urgent que l’humanité se mondialise autrement qu’en terme de business et d’échanges commerciaux et qu’elle relativise tout ce fatras de croyances et d’idéaux fallacieux qui lui servent le plus souvent de prétexte à l’élimination de l’Autre.

Alors combien d’horreurs encore ? Et pour combien de temps encore sur cette planète si belle dont une espèce terrible du vivant, l’autoproclamé « homme » (qui paraît-il inclut aussi la femme) fait de la biosphère une quasi inéluctable thanathosphère ? A voir les catastrophes climatiques qui se succèdent et nous tombent sur la tête on comprend bien que les 2 degrés sont une farce.

Mais revenons à Noël.

A toutes les époques d’aucuns ont célébré la joie, la beauté et cet élan merveilleux qui peut ressaisir tout être humain à chaque instant et pas seulement le 25 décembre. Et si le prétexte en fut la naissance d’un enfant divin (tous les enfants ne le sont-ils pas?), alors oui célébrons la naissance de cet enfant, de tout enfant qui vient en quelque endroit de ce monde à l’instant où nous écrivons ou lisons ces lignes, même s’il doit comme c’est probable pour des millions d’enfants, mourir très vite, victime de guerres qu’il n’aura jamais le temps de comprendre (aujourd’hui en Afghanistan, en Irak, au Soudan, en Syrie, au Yémen… demain…) ou victime de la faim (un enfant en meurt toutes les sept secondes dans le monde), la faim comme conséquence de la surexploitation et la surconsommation des ressources naturelles par l’immense cohorte des prédateurs dont nous faisons partie, que nous le concevions ou non, nous qui avons le privilège de vivre dans les territoires favorisés de l’iniquité mondiale, les pays riches, développés. N’oublions pas que la France malgré tous ses SDF : ces enfants, ces familles, ces migrants à la rue, est la cinquième puissance économique mondiale.

Il peut sembler naïf de le formuler ainsi mais tous les enfants qui viennent au monde sont une formidable promesse, un espoir pour l’humanité tout entière. A une condition cependant, une condition infrangible. Que ces enfants échappent d’emblée à toute forme d’emprise et de conditionnement. Qu’ils ne soient pas immédiatement happés, conditionnés, altérés par ce que nous appelons la société. Et la société c’est nous, nous tous ! Et tout ce que nous acceptons au nom de la prétendue « éducation », notamment en occident et quasiment partout dans le monde avec parfois en plus un conditionnement religieux surajouté : formatage à la compétition, à la mise en concurrence de chacun avec tous, à la « réussite » et à tous ses avatars mensongers (2e chance etc.), à la toxico-dépendance aux écrans et à la surconsommation destructrices de l’environnement.

Si nous pensons que c’est impossible, alors assumons dès maintenant l’absolue horreur qui se prépare.

Et une fois encore Alléluia !

Alléluia pour tous les enfants de migrants qui naissent sur les chemins de l’exil et s’apprêtent à affronter l’indifférence et (ou) le rejet des occidentaux repus.

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Alléluia pour tous les enfants des peuples pauvres et dominés qui naissent aux quatre coins du monde, dans les pays sous emprise de tous les exploiteurs qui dans les beaux quartiers des grandes métropoles ou dans les superbes villas de territoires choisis dorment sur des matelas d’actions s’épaississant chaque nuit, sous emprise des marchés, des multinationales, des banques comme « la banque qui dirige le monde » (vous la connaissez ?) et des états, qu’ils soient dictatoriaux ou dits « démocratiques » et pseudo-vertueux. ?

Alléluia pour tous les enfants pauvres des pays riches, ceux dont il est dit qu’ils vivent en dessous du « seuil de pauvreté », dont le nombre grandit chaque jour et chaque nuit et qui seront les exclus de demain.

A moins qu’ils ne prennent vite conscience de ce qui les attend.

Et si nous les y aidions, nous qui avons encore une certaine sécurité matérielle et un zeste de conscience ?

La tâche est énorme bien sûr, incommensurable mais il faut bien commencer un jour et pourquoi pas un jour de Noël ? Et ça pourrait s’appeler l’Éducation. Eh oui, l’Éducation !

Haendel Le Messie : Alléluia

  Par un orchestre et un chœur multiethniques newyorkais, dans une interprétation très enlevée et débordante de joie. Vidéo  (3’26) : ICI

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Et voici comment sont traités les mineurs isolés étrangers à Paris en ce Noël 2016. Un texte et deux petites vidéos ICI.

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