A propos THÉOPHRASTE

Théophraste n'est ni un lanceur d'alertes, ni un anarcho-écologiste, ni un atrabilaire devenu misanthrope au fil des ans, ni un irréductible pessimiste. Il a toujours été, il est et il demeurera un humain quasi indifférencié dans la multitude des humains, dont le souci premier est de préserver sa propre humanité et peut-être, sans trop prétendre ni savoir, celle de ses éventuels lecteurs . Simplement un humain atterré par les funestes voies qu'emprunte l'humanité et, nombreux sont ceux qui commencent à s'en rendre compte, de funestes voies qui pourraient finir par rendre la biosphère invivable et à terme provoquer la disparition de l’humanité elle-même Ce blog, une infinitésimale gouttelette d'eau virtuelle dans l'océan non moins virtuel du net, n'a d'autre but que de revivifier une sensibilité à la nature dont nous procédons tous et qui est désormais gravement menacée. Cela ne peut se faire que par un élargissement du champ de conscience de chacun. Si l'histoire des sociétés humaines s'apparente à une longue dérive il faut peut-être aussi l'aborder à partir d’œuvres et de réalisations jugées communément marginales ou passablement oubliées mais dont la (re)connaissance peut contribuer à cet élargissement de la conscience. C'est ce à quoi travaillera Théophraste inlassablement. Accessoirement, pourquoi Théophraste ? Parce que ce nom qui est aussi un prénom français rare et aujourd'hui oublié a été celui d'un philosophe de la Grèce antique : Théophrastos (en grec ancien Θεόφραστος, 371 av. JC. - 288 av. JC) , Théos signifiant Dieu et phraste expliquer. De Dieu il sera parfois question dans Thébaïde News mais aussi d'agnosticisme, d'athéisme, de tous les mots en isme et de leur ultime réfutation, à commencer par le nihilisme... Et encore de botanique, de nature, d'humanité au présent comme au passé ! “Je défie tout ce qui est beau, vivant et simple, de ne pas m'impressionner.” Jules Renard (1864-1910)

« La vie c’est de l’eau…

« La vie c’est de l’eau. Si vous mollissez le creux de la main vous la gardez. Si vous serrez les poings vous la perdez. »

Une de ces réflexions superbes comme on en trouve parfois au hasard d’une lecture. En l’occurrence : L’eau vive de Jean Giono. Lire la suite

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Sortir de « l’esprit de vieillesse »

Cet article vient compléter ce qui a été précédemment reblogué.

Pasolini a été assassiné le 1 er novembre 1975.

Les jeunes générations le connaissent à peine ou pas du tout.

Dommage, très dommage pour ces millions de jeunes occidentaux qui se pensent libres et qui sont en fait dans une incroyable « servitude volontaire », habités qu’ils sont par « l’esprit de vieillesse » » : « faire durer le provisoire aussi longtemps que nous, et après nous, qu’importe !  », retournant après chaque épisode de pseudo-révolte (Occupy wall street, Indignados, Nuit debout, pour ne citer que les plus récents) à leur classe sociale pour en cultiver les avantages (ou désavantages…) acquis, se complaisant dans le consumérisme, entretenant leur propre aliénation tout en se donnant le change. Lire la suite

Hégémonie de l’esprit de vieillesse

« Bernanos disait que la jeunesse n’aurait pas d’autre choix entre l’abdication et la révolution. »
Aurait-elle dores et déjà choisi l’abdication ?… et la smartphonisation du monde…

Accattone

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L’esprit de vieillesse, c’est ce que Bernanos surnommait « l’esprit de compromission » ou, comme il l’imageait avec ironie, l’idée de « faire durer le provisoire aussi longtemps que nous, et après nous, qu’importe ! » Or, cette obsession du provisoire, qui renvoie sans cesse le long terme à plus tard, puisque pour le vieux tout se conclue par un cynique « après moi, le déluge », est caractéristique du « clair-obscur où se produisent les phénomènes les plus morbides » de Gramsci. Si les vieux font toujours la formation des nouvelles générations, formation intellectuelle et politique, afin de perpétuer leur hégémonie culturelle, ils n’en oublient pour autant pas leurs intérêts générationnels ; un instinct de conservation systémisé qui, pour citer Bernanos une nouvelle fois, « essaie de faire honte à l’esprit de jeunesse de ses partis pris absolus. » Lacrise actuelle ne découlerait-elle pas finalement d’un refus des classes dominantes de faire l’éducation des jeunes ?

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L’Europe vue par Pasolini

Peut-être faut-il avoir déjà une certaine connaissance de l’oeuvre de Pasolini et de l’histoire contemporaine de l’Italie pour comprendre la portée de ce texte. Cette vision prémonitoire qui s’exprime au moment des prémices du « marché commun » (charbon et acier en premier lieu) trouve plus que jamais sa pertinence aujourd’hui en ce que la mondialisation et l’intensification du consumérisme ont en effet généré ce fascisme consensuel des sociétés néolibérales dans lesquelles nous survivons.
Les lecteurs qui ne connaissent pas ou très peu Pasolini peuvent consulter sur ce blog : « Nous sommes tous en danger » : ici.

Accattone

La pensée de Pasolini demeure souvent méconnue en ce qui concerne le rôle global de l’État – en dehors des critiques qu’il formule à son encontre, mais cela concerne  plutôt ses composantes, comme l’École obligatoire, les partis politiques, les huit référendums des années 1970, que l’État lui-même –, et la construction européenne. Contemporain cependant des premières dérégulations du marché commun, de la consécration du libérisme comme valeur suprême de l’Europe, Pasolini en tira une matière que l’on retrouvera dans La Rabbia. Documentaire abjuré à cause du détournement du propos qu’en fit Gastone Ferranti qui le trouva trop à gauche à son goût et y adjoignit un autre documentaire réalisé par Guareschi, célèbre pour ses récits de Don Camilloet marqué politiquement à droite. Or, le texte de la partie pasolinienne, une fois débarrassée de l’incohérence voulue par Ferranti, livre une critique féroce, mais juste, de la mondialisation – construction…

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« Je hais le nouvel an » Gramsci

Théophraste fait un copié-collé de ce texte toujours si pertinent depuis l’excellent site DORMIRA JAMAIS dont il recommande plus que la visite.

               

Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces nouvel an à échéance fixe qui font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de l’esprit. On finit par croire sérieusement que d’une année à l’autre existe une solution de continuité et que commence une nouvelle histoire, on fait des résolutions et l’on regrette ses erreurs etc. etc.  C’est un travers des dates en général. On dit que la chronologie est l’ossature de l’Histoire; on peut l’admettre. Mais il faut admettre aussi qu’il y a quatre ou cinq dates fondamentales que toute personne bien élevée conserve fichée dans un coin de son cerveau et qui ont joué de vilains tours à l’Histoire. Elles aussi sont des nouvel an. Le nouvel an de l’Histoire romaine, ou du Moyen Âge, ou de l’Époque moderne. Et elles sont devenues tellement envahissantes et fossilisantes que nous nous surprenons nous-mêmes à penser quelquefois que la vie en Italie a commencé en 752, et que 1490 ou 1492 sont comme des montagnes que l’humanité a franchies d’un seul coup en se retrouvant dans un nouveau monde, en entrant dans une nouvelle vie. Ainsi la  date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et inchangée, sans arrêts brusques, comme lorsque au cinéma la pellicule se déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante. Voilà pourquoi je déteste le nouvel an. Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me renouveler chaque jour. Aucun jour prévu pour le repos. Les pauses je les choisis moi-même, quand je me sens ivre de vie intense et que je veux faire un plongeon dans l’animalité pour en retirer une vigueur nouvelle. Pas de ronds-de-cuir spirituels. Chaque heure de ma vie je la voudrais neuve, fût-ce en la rattachant à celles déjà parcourues. Pas de jour de jubilation aux rimes obligées collectives, à partager avec des étrangers qui ne m’intéressent pas. Parce qu’ont jubilé les grands-parents de nos grands parents etc., nous devrions nous aussi ressentir le besoin de la jubilation. Tout cela est écœurant.

Antonio Gramsci, 1er janvier 1916 sur l’Avanti!, édition de Turin, rubrique « Sotto la Mole ») Traduit par Olivier Favier.

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Antonio Gramsci vers 30 ans, au début des années 20.      Lire la suite

À propos du fascisme antifasciste

Théophraste ne se fait guère d’illusion sur la capacité de son lectorat pusillanime à comprendre ce texte qui fait écho aux perceptions prémonitoires de Pasolini. Néanmoins il le reblogue. On ne sait jamais…

Accattone


Parmi les mots les plus galvaudés de notre vocabulaire, celui de fascisme mérite de figurer en bonne place. Lancé à tort et à travers contre tout le monde et n’importe qui, sa répétition infatigable dans les joutes verbales ne se contente pas seulement de le vider de toute substance, mais lui donne paradoxalement une meilleure compatibilité avec ceux qui le brandissent que ses destinataires. La fameuse petite phrase : « les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes » s’est pleinement réalisée, quand elle n’a pas dépassé la pensée de l’auteur. Si les causes sont évidentes, qu’il s’agisse d’une bien-pensance policée, mais aussi un gauchisme qui noue avec une réelle dialectique fasciste sans même s’en rendre compte, il est intéressant de relever plusieurs éléments. Le premier, c’est qu’à l’heure actuelle il n’y a presque plus personne pour savoir ce qu’est réellement le fascisme, quand bien même nous pourrions convenir qu’il est…

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Alléluia la Terre !

Un bref point planétaire en ce jour béni (par qui ?).

On ne parlera pas des guerres, des ventes d’armes, de toutes les formes de violence… Cependant l’industrie de l’armement (c’est des emplois, c’est de la croissance !) s’inquiète de l’épuisement des ressources en métaux « stratégiques ». C’est embêtant ! Ici , sauf si on zappe.

 

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A savoir aussi :
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