De printemps en printemps

Et ce printemps 2017 est peut-être l’un des plus beaux qu’il soit donné de vivre.

Difficile en effet de contenir sa joie lorsqu’arrivant à la thébaïde l’œil fut d’abord capté par le flamboiement des forsythias mais aussi par le blanc neigeux d’un vaste buisson d’aubépine s’inscrivant dans la perspective de très vieilles collines qui donnent à l’horizon de ce lieu quasi ignoré des hommes l’éternel sens de la terre.

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Abondance frugale ou extinction?

Non ce n’est pas un slogan pour les « fêtes » et les bobos écolos vertueux.

Oui c’est un oxymore, vous savez une formule contradictoire, une « figure de style » telle qu’on l’enseigne en classe de 1ère (en principe…). Exemple type : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid)

Alors « abondance frugale », c’est à priori inconcevable. Théophraste n’est pas l’auteur de cet oxymore, il l’a puisé dans un de ces petits livres qu’il lit dans les trains qui le conduisent de Paris à la thébaïde et vice versa, des livres sérieux écrits par des chercheurs qui ne le sont pas moins et qui tentent de proposer des solutions constructives pour sortir nos sociétés de l’impasse mortifère et catastrophique dans laquelle elles sont engagées, car Théophraste veut croire encore que tout n’est pas compromis tant que l’inéluctable n’est pas advenu.

Et il continue de chercher comment on pourrait améliorer ce monde.

Ambition naïve de septuagénaire, propre à susciter un haussement d’épaules, voire un petit rire entendu… Rappelons toutefois qu’il n’a ni enfants, ni petits enfants (ceux pour qui on pense à l’avenir, en principe…) et qu’il pourrait fort bien adopter la philosophie commune qui se résume assez bien par la formule « Après moi le déluge ». Même si ce n’est pas exprimé ainsi, en général ça revient à ça.

Dès la fin des années 60 il a commencé à se préoccuper de l’avenir de la planète. Toujours un peu naïf, n’est-ce pas ? Dans les années 70 il s’est mis à lire René Dumont (1904-2001) qui fut candidat à l’élection présidentielle française de 1974 et dont il feuillette parfois encore  le programme d’alors « L’utopie ou la mort ». Et depuis à mesure que s’éloigne l’utopie, la mort se rapproche… Pour en savoir un tout petit peu plus sur René Dumont, on peut relire sur ce blog : Le désastre, un projet de l’inconscient collectif.

Puis Théophraste s’est intéressé à Ivan Illich (1926-2002), un superbe penseur du XXe siècle, écologiste avant l’heure, dont l’œuvre eut un grand retentissement à travers le monde entier. Des livres comme : Une société sans école, Énergie et équité, Le chômage créateurLa convivialité, Némésis médicale sont toujours très pertinents et peut-être plus que jamais, mais on ne les lit plus, on n’en parle quasiment plus, sauf un petit nombre d’intellectuels parmi lesquels Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’Université d’Orsay qui lui en a publié d’autres, des petits livres simples, faciles à lire, très documentés, édités par Mille et une nuits et qui ne coûtent que quelques euros. Un homme simple et affable qui se déplace dans Paris à vélo même s’il n’est plus tout jeune comme Théophraste.

ivan_illich1974

Ivan Illich en 1974
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