Les gamins et la canicule

C’est à Paris que ça se passe.
Théophraste a osé affronter la canicule en cette fin d’après-midi du 21 juin 2017 pour poster du courrier, il devait faire 35 à 36°. Il avait en poche son petit appareil photos car il n’a pas de smartphone. Il avait repéré la veille une affichette du style « street-art » représentant une silhouette  au bord d’une falaise, une jambe lancée dans le vide avec pour légende « En marche !« . Las, les sympathisants marcheurs et macronistes l’avaient déjà arrachée.

Par contre un spectacle amusant et rafraîchissant lui donna l’occasion de faire quelques clichés :

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Une psychanalyste au BHV

Il y a peu Théophraste faisait la queue au BHV Marais à Paris, un grand magasin où on trouve tout , enfin à peu près tout. Il voulait payer ses achats : moult accessoires d’arrosage pour pallier ses absences à la thébaïde car les plantes ont aussi soif que les dieux et si on ne les abreuve pas elles crèvent alors que les dieux qui poussent frénétiquement dans l’imaginaire humain sont increvables. Mais passons.

La queue était impressionnante, de longues minutes d’attente devaient être envisagées.

Théophraste précédait une dame d’un certain âge qui lui fit un sourire fatigué et la conversation démarra ainsi. Très vite ils surent que l’une était psychanalyste, qu’elle recevait en thérapie des enseignants malheureux, souffrant de l’exercice de leur métier et que l’autre avait été prof, avait craqué à un moment de ce difficile parcours mais qu’il avait tenu bon et jouissait aujourd’hui des délices de la retraite… Lire la suite

70 balais ! Banzaï !

Ah ! La jeunesse !

Eh oui Théophraste est devenu septuagénaire, le jour anniversaire de la nativité de la Vierge Marie. Sous ce merveilleux augure et bien qu’ayant été élevé dans la religion catholique, apostolique et romaine, il n’a jamais été un enfant de Marie et dès qu’il a pu exercer son libre arbitre il a très vite rejeté toutes ces fariboles dévastatrices et toutes ces formes d’escroqueries morales dénommées religions, croyances et tutti quanti…

N’ayant jamais souhaité ni demandé à venir dans ce monde de douleur et d’effroi mais aussi d’horreur, de domination, de pouvoirs en tous genres et d’égoïsmes forcenés, il s’est bien gardé d’accomplir le rôle d’inséminateur auquel la nature l’avait physiologiquement destiné. Sa semence, il il l’a dispersée tous azimuts comme le fameux pissenlit du vieux dictionnaire Larousse : « Je sème à tout vent. » et comme tous ceux qui constellent aujourd’hui la prairie de sa thébaïde.

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Ah la jeunesse !

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La jeunesse, une réalité transitoire, un fantasme éternel…

 « La jeunesse plus forte que le temps, la jeunesse immarcescible. »
François Mauriac, cité par Le Robert à immarcescible : qui ne peut se flétrir.

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  Cette plantureuse jeune femme qu’étreint un cygne  n’est autre que Léda. Quant au mythique et immaculé volatile c’est Zeus (Jupiter chez les romains)  qui s’est ainsi métamorphosé pour s’accoupler à elle. Ah l’amour !
Musée Correr Venise

N’en déplaise à Mauriac, la jeunesse est marcescible, toute jeunesse se flétrit et parfois plus vite qu’il n’y paraît. Se reporter aux  nécrologies  des acteurs ou chanteurs célèbres lorsque au lendemain de leur décès les médias diffusent en cascade les images du jeune premier, de la star qu’ils furent puis du petit vieux malade et pathétique, peu avant que le cancer (ou autre maladie terrible) ne les terrasse.

Ainsi, quels que soient leurs efforts pour rester en forme, les êtres humains ne sont susceptibles d’être beaux que pour un temps. Par ailleurs si la jeunesse est belle, tous les jeunes ne sont pas beaux, ou bien encore peut on être « beau et con à la fois » comme le chantait abruptement Jacques Brel. Et ultimement qu’est ce que la beauté ? Cette question est trop vaste pour prétendre y répondre ici. Et tant d’autres s’y sont essayé.

Enfin si la jeunesse passe vite, la vieillesse ne tend-elle pas désormais à s’éterniser, avec à la clé « la dépendance », la Parkinson, l’Alzheimer et autres maladies dégénératives ? La vraie question ne serait-elle pas de se demander si malgré tous les savoirs accumulés, toutes les prouesses techno-scientifiques qui façonnent ce monde (et le plus souvent pour le pire) nous avons tout simplement commencé à apprendre à vivre et à mourir ? Lire la suite