Sortir de « l’esprit de vieillesse »

Cet article vient compléter ce qui a été précédemment reblogué.

Pasolini a été assassiné le 1 er novembre 1975.

Les jeunes générations le connaissent à peine ou pas du tout.

Dommage, très dommage pour ces millions de jeunes occidentaux qui se pensent libres et qui sont en fait dans une incroyable « servitude volontaire », habités qu’ils sont par « l’esprit de vieillesse » » : « faire durer le provisoire aussi longtemps que nous, et après nous, qu’importe !  », retournant après chaque épisode de pseudo-révolte (Occupy wall street, Indignados, Nuit debout, pour ne citer que les plus récents) à leur classe sociale pour en cultiver les avantages (ou désavantages…) acquis, se complaisant dans le consumérisme, entretenant leur propre aliénation tout en se donnant le change. Lire la suite

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Hégémonie de l’esprit de vieillesse

« Bernanos disait que la jeunesse n’aurait pas d’autre choix entre l’abdication et la révolution. »
Aurait-elle dores et déjà choisi l’abdication ?… et la smartphonisation du monde…

Accattone

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L’esprit de vieillesse, c’est ce que Bernanos surnommait « l’esprit de compromission » ou, comme il l’imageait avec ironie, l’idée de « faire durer le provisoire aussi longtemps que nous, et après nous, qu’importe ! » Or, cette obsession du provisoire, qui renvoie sans cesse le long terme à plus tard, puisque pour le vieux tout se conclue par un cynique « après moi, le déluge », est caractéristique du « clair-obscur où se produisent les phénomènes les plus morbides » de Gramsci. Si les vieux font toujours la formation des nouvelles générations, formation intellectuelle et politique, afin de perpétuer leur hégémonie culturelle, ils n’en oublient pour autant pas leurs intérêts générationnels ; un instinct de conservation systémisé qui, pour citer Bernanos une nouvelle fois, « essaie de faire honte à l’esprit de jeunesse de ses partis pris absolus. » Lacrise actuelle ne découlerait-elle pas finalement d’un refus des classes dominantes de faire l’éducation des jeunes ?

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Une psychanalyste au BHV

Il y a peu Théophraste faisait la queue au BHV Marais à Paris, un grand magasin où on trouve tout , enfin à peu près tout. Il voulait payer ses achats : moult accessoires d’arrosage pour pallier ses absences à la thébaïde car les plantes ont aussi soif que les dieux et si on ne les abreuve pas elles crèvent alors que les dieux qui poussent frénétiquement dans l’imaginaire humain sont increvables. Mais passons.

La queue était impressionnante, de longues minutes d’attente devaient être envisagées.

Théophraste précédait une dame d’un certain âge qui lui fit un sourire fatigué et la conversation démarra ainsi. Très vite ils surent que l’une était psychanalyste, qu’elle recevait en thérapie des enseignants malheureux, souffrant de l’exercice de leur métier et que l’autre avait été prof, avait craqué à un moment de ce difficile parcours mais qu’il avait tenu bon et jouissait aujourd’hui des délices de la retraite… Lire la suite

« Mon suicide »

Ainsi que les guillemets l’indiquent il ne s’agit pas de celui de Théophraste mais d’un auteur peu connu qui fut prof de Maths en Suisse et se tira une balle dans le cœur le 7 novembre 1925 au petit matin.

Henri ROORDA (1870-1925)

Il fut aussi un chroniqueur, un philosophe et un humoriste brillant, doté d’une belle ironie mais avant tout un homme de cœur.

« Je vais peut-être me rater. Si les lois étaient faites par des hommes charitables, on faciliterait le suicide de ceux qui veulent s’en aller. (…)

Il faudra que je prenne des précautions pour que la détonation ne retentisse pas trop fort dans le cœur d’un être sensible. »

Tels sont les derniers mots de ce petit essai qu’il faut lire si on aime la vie car ce petit livre est plein de vie. Paradoxal n’est-ce pas pour quelqu’un qui à l’âge de 55 ans a décidé d’en finir ? Lire la suite

La thébaïde « entre les années »

« Entre les années », c’est la traduction littérale d’une expression idiomatique allemande par une amie germanophone de Théophraste.

Ainsi en ces derniers jours de décembre la campagne est toute imprégnée de givre. Et à quelques heures de 2017 le soleil n’a pas percé  depuis deux jours déjà.
Point de neige encore mais Théophraste ne peut s’empêcher de se remémorer une poésie de Maupassant qu’il dut réciter par cœur quand il était enfant.

« La grande plaine est blanche, immobile et sans voix. (…)
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux ! »

Lire le texte complet ICI

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70 balais ! Banzaï !

Ah ! La jeunesse !

Eh oui Théophraste est devenu septuagénaire, le jour anniversaire de la nativité de la Vierge Marie. Sous ce merveilleux augure et bien qu’ayant été élevé dans la religion catholique, apostolique et romaine, il n’a jamais été un enfant de Marie et dès qu’il a pu exercer son libre arbitre il a très vite rejeté toutes ces fariboles dévastatrices et toutes ces formes d’escroqueries morales dénommées religions, croyances et tutti quanti…

N’ayant jamais souhaité ni demandé à venir dans ce monde de douleur et d’effroi mais aussi d’horreur, de domination, de pouvoirs en tous genres et d’égoïsmes forcenés, il s’est bien gardé d’accomplir le rôle d’inséminateur auquel la nature l’avait physiologiquement destiné. Sa semence, il il l’a dispersée tous azimuts comme le fameux pissenlit du vieux dictionnaire Larousse : « Je sème à tout vent. » et comme tous ceux qui constellent aujourd’hui la prairie de sa thébaïde.

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Ah la jeunesse !

Tous les termes écrits en bleu sont des liens cliquables. (Accès à plus d’info, des vidéos). Pour accéder au menu déroulant des articles déjà publiés cliquer sur Thébaïde News, en haut de page.

La jeunesse, une réalité transitoire, un fantasme éternel…

 « La jeunesse plus forte que le temps, la jeunesse immarcescible. »
François Mauriac, cité par Le Robert à immarcescible : qui ne peut se flétrir.

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  Cette plantureuse jeune femme qu’étreint un cygne  n’est autre que Léda. Quant au mythique et immaculé volatile c’est Zeus (Jupiter chez les romains)  qui s’est ainsi métamorphosé pour s’accoupler à elle. Ah l’amour !
Musée Correr Venise

N’en déplaise à Mauriac, la jeunesse est marcescible, toute jeunesse se flétrit et parfois plus vite qu’il n’y paraît. Se reporter aux  nécrologies  des acteurs ou chanteurs célèbres lorsque au lendemain de leur décès les médias diffusent en cascade les images du jeune premier, de la star qu’ils furent puis du petit vieux malade et pathétique, peu avant que le cancer (ou autre maladie terrible) ne les terrasse.

Ainsi, quels que soient leurs efforts pour rester en forme, les êtres humains ne sont susceptibles d’être beaux que pour un temps. Par ailleurs si la jeunesse est belle, tous les jeunes ne sont pas beaux, ou bien encore peut on être « beau et con à la fois » comme le chantait abruptement Jacques Brel. Et ultimement qu’est ce que la beauté ? Cette question est trop vaste pour prétendre y répondre ici. Et tant d’autres s’y sont essayé.

Enfin si la jeunesse passe vite, la vieillesse ne tend-elle pas désormais à s’éterniser, avec à la clé « la dépendance », la Parkinson, l’Alzheimer et autres maladies dégénératives ? La vraie question ne serait-elle pas de se demander si malgré tous les savoirs accumulés, toutes les prouesses techno-scientifiques qui façonnent ce monde (et le plus souvent pour le pire) nous avons tout simplement commencé à apprendre à vivre et à mourir ? Lire la suite