« Mon suicide »

Ainsi que les guillemets l’indiquent il ne s’agit pas de celui de Théophraste mais d’un auteur peu connu qui fut prof de Maths en Suisse et se tira une balle dans le cœur le 7 novembre 1925 au petit matin.

Henri ROORDA (1870-1925)

Il fut aussi un chroniqueur, un philosophe et un humoriste brillant, doté d’une belle ironie mais avant tout un homme de cœur.

« Je vais peut-être me rater. Si les lois étaient faites par des hommes charitables, on faciliterait le suicide de ceux qui veulent s’en aller. (…)

Il faudra que je prenne des précautions pour que la détonation ne retentisse pas trop fort dans le cœur d’un être sensible. »

Tels sont les derniers mots de ce petit essai qu’il faut lire si on aime la vie car ce petit livre est plein de vie. Paradoxal n’est-ce pas pour quelqu’un qui à l’âge de 55 ans a décidé d’en finir ? Lire la suite

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De printemps en printemps

Et ce printemps 2017 est peut-être l’un des plus beaux qu’il soit donné de vivre.

Difficile en effet de contenir sa joie lorsqu’arrivant à la thébaïde l’œil fut d’abord capté par le flamboiement des forsythias mais aussi par le blanc neigeux d’un vaste buisson d’aubépine s’inscrivant dans la perspective de très vieilles collines qui donnent à l’horizon de ce lieu quasi ignoré des hommes l’éternel sens de la terre.

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Une ode champêtre

Théophraste aime marcher, randonner. Il le fit longtemps avec des groupes de différentes obédiences. Il se lassa de tous et décida de marcher seul. Parfois il propose à quelque connaissance de l’accompagner. Marche et conversation se conjuguent alors ; un peu comme le suggérait Aristote et ce peut être un double plaisir que de jouir de la nature et du charme d’une conversation. Ces moments là sont rares cependant, alors il marche seul et jouit exclusivement de la nature.

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« Si haut que l’on soit placé…

 

… on n’est jamais assis que sur son cul. »

Michel de Montaigne (1533-1592)

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Arboretum de l’École du Brueil (Bois de Vincennes) 15/8/2016

La nature a de ces fantaisies et parvient parfois à rappeler aux plus riches et aux plus puissants ce qu’ils ont de commun avec le dernier des humains .

« Une personne sur dix dans le monde vit avec moins de deux dollars par jour. »
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INDIFFÉRENCE

Des températures négatives pendant des jours et des jours et nous sommes tous bien au chaud sous la couette… L’indifférence est ce que Théophraste n’a jamais compris depuis que sans l’avoir demandé il est venu dans ce monde de douleur et d’effroi.

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Porte de la Chapelle, Paris, en attente de pouvoir entrer au « centre humanitaire », janvier 2017 *
Hospitalité française.

L’indifférence est un crime envers la vie et envers la souffrance.
Emil Michel Cioran, Le livre des leurres (1936)

D’autres citations d’auteurs (connus ou inconnus) glanées sur le net :

On a l’indifférence plus ou moins épaisse, comme on a la peau plus ou moins fine. 
Anne Barratin,  De toutes les paroisses (1913)

Le cœur a sa paresse, on l’appelle indifférence.
Louis Joseph Mabire, Dictionnaire de maximes (1830)

Les mots sympathie, affection, amitié, amour n’expriment que les degrés, les nuances diverses d’un même sentiment qui est inexprimable parce qu’il est infini. Aimons donc sans nous inquiéter de donner à nos sentiments un nom qui les mesure ; aimons toujours : tout le temps que nous passons dans l’indifférence ou la haine est un temps perdu pour notre amélioration et pour notre bonheur.
Auguste Guyard,  Quintessences (1847)

L’indifférence morale est la maladie des gens très cultivés.
Henri-Frédéric Amiel, Journal intime (1870) Lire la suite

La thébaïde « entre les années »

« Entre les années », c’est la traduction littérale d’une expression idiomatique allemande par une amie germanophone de Théophraste.

Ainsi en ces derniers jours de décembre la campagne est toute imprégnée de givre. Et à quelques heures de 2017 le soleil n’a pas percé  depuis deux jours déjà.
Point de neige encore mais Théophraste ne peut s’empêcher de se remémorer une poésie de Maupassant qu’il dut réciter par cœur quand il était enfant.

« La grande plaine est blanche, immobile et sans voix. (…)
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux ! »

Lire le texte complet ICI

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Alléluia 2016

Pour la 2016ème fois le « divin enfantt » serait venu en ce monde de douleur et d’effroi.

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Madonna col bambino, Musée Correr, Venise

Inutile de s’attarder sur ce qu’est devenue cette fête de l’absurde hyper-consommation occidentale et cette débauche de cadeaux inutiles, de bons sentiments, de religiosité niaise, de sur-bouffe à base de « fruits de mer », foie gras, dindes farcies, chapons fermiers, oies grasses, bûches à la crème et chocolats fourrés.

Bien sûr tout le monde ne se livre pas à de telles agapes et « Dieu merci ! », c’est le cas de le dire, certains s’emploient à faire de ces « fêtes » un moment de « sobriété heureuse » ou de partage et de tempérance raisonnée, tel Théophraste dont c’est d’ailleurs le mode de vie quotidien.

Théophraste qui cependant s’interroge en ce jour de paix quasi universelle (un oxymore du réel !). Combien faudra-t-il encore de guerres, de destructions, de massacres, de génocides, d’horreurs et de monstruosités pour que l’humanité comprenne enfin le fourvoiement ontologique de ses « religions », ses « cultures », ses « civilisations », ses « identités », ses « nationalités », ses « patries », ses « idéaux» etc, avec toujours en filigrane ses pulsions de possession et de destruction, son mythique « amour », etc, etc… (cf 70 balais banzaï). Lire la suite