De printemps en printemps

Et ce printemps 2017 est peut-être l’un des plus beaux qu’il soit donné de vivre.

Difficile en effet de contenir sa joie lorsqu’arrivant à la thébaïde l’œil fut d’abord capté par le flamboiement des forsythias mais aussi par le blanc neigeux d’un vaste buisson d’aubépine s’inscrivant dans la perspective de très vieilles collines qui donnent à l’horizon de ce lieu quasi ignoré des hommes l’éternel sens de la terre.

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Une ode champêtre

Théophraste aime marcher, randonner. Il le fit longtemps avec des groupes de différentes obédiences. Il se lassa de tous et décida de marcher seul. Parfois il propose à quelque connaissance de l’accompagner. Marche et conversation se conjuguent alors ; un peu comme le suggérait Aristote et ce peut être un double plaisir que de jouir de la nature et du charme d’une conversation. Ces moments là sont rares cependant, alors il marche seul et jouit exclusivement de la nature.

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« Si haut que l’on soit placé…

 

… on n’est jamais assis que sur son cul. »

Michel de Montaigne (1533-1592)

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Arboretum de l’École du Brueil (Bois de Vincennes) 15/8/2016

La nature a de ces fantaisies et parvient parfois à rappeler aux plus riches et aux plus puissants ce qu’ils ont de commun avec le dernier des humains .

« Une personne sur dix dans le monde vit avec moins de deux dollars par jour. »
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INDIFFÉRENCE

Des températures négatives pendant des jours et des jours et nous sommes tous bien au chaud sous la couette… L’indifférence est ce que Théophraste n’a jamais compris depuis que sans l’avoir demandé il est venu dans ce monde de douleur et d’effroi.

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Porte de la Chapelle, Paris, en attente de pouvoir entrer au « centre humanitaire », janvier 2017 *
Hospitalité française.

L’indifférence est un crime envers la vie et envers la souffrance.
Emil Michel Cioran, Le livre des leurres (1936)

D’autres citations d’auteurs (connus ou inconnus) glanées sur le net :

On a l’indifférence plus ou moins épaisse, comme on a la peau plus ou moins fine. 
Anne Barratin,  De toutes les paroisses (1913)

Le cœur a sa paresse, on l’appelle indifférence.
Louis Joseph Mabire, Dictionnaire de maximes (1830)

Les mots sympathie, affection, amitié, amour n’expriment que les degrés, les nuances diverses d’un même sentiment qui est inexprimable parce qu’il est infini. Aimons donc sans nous inquiéter de donner à nos sentiments un nom qui les mesure ; aimons toujours : tout le temps que nous passons dans l’indifférence ou la haine est un temps perdu pour notre amélioration et pour notre bonheur.
Auguste Guyard,  Quintessences (1847)

L’indifférence morale est la maladie des gens très cultivés.
Henri-Frédéric Amiel, Journal intime (1870) Lire la suite

La thébaïde « entre les années »

« Entre les années », c’est la traduction littérale d’une expression idiomatique allemande par une amie germanophone de Théophraste.

Ainsi en ces derniers jours de décembre la campagne est toute imprégnée de givre. Et à quelques heures de 2017 le soleil n’a pas percé  depuis deux jours déjà.
Point de neige encore mais Théophraste ne peut s’empêcher de se remémorer une poésie de Maupassant qu’il dut réciter par cœur quand il était enfant.

« La grande plaine est blanche, immobile et sans voix. (…)
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux ! »

Lire le texte complet ICI

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Alléluia 2016

Pour la 2016ème fois le « divin enfantt » serait venu en ce monde de douleur et d’effroi.

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Madonna col bambino, Musée Correr, Venise

Inutile de s’attarder sur ce qu’est devenue cette fête de l’absurde hyper-consommation occidentale et cette débauche de cadeaux inutiles, de bons sentiments, de religiosité niaise, de sur-bouffe à base de « fruits de mer », foie gras, dindes farcies, chapons fermiers, oies grasses, bûches à la crème et chocolats fourrés.

Bien sûr tout le monde ne se livre pas à de telles agapes et « Dieu merci ! », c’est le cas de le dire, certains s’emploient à faire de ces « fêtes » un moment de « sobriété heureuse » ou de partage et de tempérance raisonnée, tel Théophraste dont c’est d’ailleurs le mode de vie quotidien.

Théophraste qui cependant s’interroge en ce jour de paix quasi universelle (un oxymore du réel !). Combien faudra-t-il encore de guerres, de destructions, de massacres, de génocides, d’horreurs et de monstruosités pour que l’humanité comprenne enfin le fourvoiement ontologique de ses « religions », ses « cultures », ses « civilisations », ses « identités », ses « nationalités », ses « patries », ses « idéaux» etc, avec toujours en filigrane ses pulsions de possession et de destruction, son mythique « amour », etc, etc… (cf 70 balais banzaï). Lire la suite

Abondance frugale ou extinction?

Non ce n’est pas un slogan pour les « fêtes » et les bobos écolos vertueux.

Oui c’est un oxymore, vous savez une formule contradictoire, une « figure de style » telle qu’on l’enseigne en classe de 1ère (en principe…). Exemple type : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid)

Alors « abondance frugale », c’est à priori inconcevable. Théophraste n’est pas l’auteur de cet oxymore, il l’a puisé dans un de ces petits livres qu’il lit dans les trains qui le conduisent de Paris à la thébaïde et vice versa, des livres sérieux écrits par des chercheurs qui ne le sont pas moins et qui tentent de proposer des solutions constructives pour sortir nos sociétés de l’impasse mortifère et catastrophique dans laquelle elles sont engagées, car Théophraste veut croire encore que tout n’est pas compromis tant que l’inéluctable n’est pas advenu.

Et il continue de chercher comment on pourrait améliorer ce monde.

Ambition naïve de septuagénaire, propre à susciter un haussement d’épaules, voire un petit rire entendu… Rappelons toutefois qu’il n’a ni enfants, ni petits enfants (ceux pour qui on pense à l’avenir, en principe…) et qu’il pourrait fort bien adopter la philosophie commune qui se résume assez bien par la formule « Après moi le déluge ». Même si ce n’est pas exprimé ainsi, en général ça revient à ça.

Dès la fin des années 60 il a commencé à se préoccuper de l’avenir de la planète. Toujours un peu naïf, n’est-ce pas ? Dans les années 70 il s’est mis à lire René Dumont (1904-2001) qui fut candidat à l’élection présidentielle française de 1974 et dont il feuillette parfois encore  le programme d’alors « L’utopie ou la mort ». Et depuis à mesure que s’éloigne l’utopie, la mort se rapproche… Pour en savoir un tout petit peu plus sur René Dumont, on peut relire sur ce blog : Le désastre, un projet de l’inconscient collectif.

Puis Théophraste s’est intéressé à Ivan Illich (1926-2002), un superbe penseur du XXe siècle, écologiste avant l’heure, dont l’œuvre eut un grand retentissement à travers le monde entier. Des livres comme : Une société sans école, Énergie et équité, Le chômage créateurLa convivialité, Némésis médicale sont toujours très pertinents et peut-être plus que jamais, mais on ne les lit plus, on n’en parle quasiment plus, sauf un petit nombre d’intellectuels parmi lesquels Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’Université d’Orsay qui lui en a publié d’autres, des petits livres simples, faciles à lire, très documentés, édités par Mille et une nuits et qui ne coûtent que quelques euros. Un homme simple et affable qui se déplace dans Paris à vélo même s’il n’est plus tout jeune comme Théophraste.

ivan_illich1974

Ivan Illich en 1974
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