Sortir de « l’esprit de vieillesse »

Cet article vient compléter ce qui a été précédemment reblogué.

Pasolini a été assassiné le 1 er novembre 1975.

Les jeunes générations le connaissent à peine ou pas du tout.

Dommage, très dommage pour ces millions de jeunes occidentaux qui se pensent libres et qui sont en fait dans une incroyable « servitude volontaire », habités qu’ils sont par « l’esprit de vieillesse » » : « faire durer le provisoire aussi longtemps que nous, et après nous, qu’importe !  », retournant après chaque épisode de pseudo-révolte (Occupy wall street, Indignados, Nuit debout, pour ne citer que les plus récents) à leur classe sociale pour en cultiver les avantages (ou désavantages…) acquis, se complaisant dans le consumérisme, entretenant leur propre aliénation tout en se donnant le change. Lire la suite

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« Je hais le nouvel an » Gramsci

Théophraste fait un copié-collé de ce texte toujours si pertinent depuis l’excellent site DORMIRA JAMAIS dont il recommande plus que la visite.

               

Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces nouvel an à échéance fixe qui font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de l’esprit. On finit par croire sérieusement que d’une année à l’autre existe une solution de continuité et que commence une nouvelle histoire, on fait des résolutions et l’on regrette ses erreurs etc. etc.  C’est un travers des dates en général. On dit que la chronologie est l’ossature de l’Histoire; on peut l’admettre. Mais il faut admettre aussi qu’il y a quatre ou cinq dates fondamentales que toute personne bien élevée conserve fichée dans un coin de son cerveau et qui ont joué de vilains tours à l’Histoire. Elles aussi sont des nouvel an. Le nouvel an de l’Histoire romaine, ou du Moyen Âge, ou de l’Époque moderne. Et elles sont devenues tellement envahissantes et fossilisantes que nous nous surprenons nous-mêmes à penser quelquefois que la vie en Italie a commencé en 752, et que 1490 ou 1492 sont comme des montagnes que l’humanité a franchies d’un seul coup en se retrouvant dans un nouveau monde, en entrant dans une nouvelle vie. Ainsi la  date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et inchangée, sans arrêts brusques, comme lorsque au cinéma la pellicule se déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante. Voilà pourquoi je déteste le nouvel an. Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me renouveler chaque jour. Aucun jour prévu pour le repos. Les pauses je les choisis moi-même, quand je me sens ivre de vie intense et que je veux faire un plongeon dans l’animalité pour en retirer une vigueur nouvelle. Pas de ronds-de-cuir spirituels. Chaque heure de ma vie je la voudrais neuve, fût-ce en la rattachant à celles déjà parcourues. Pas de jour de jubilation aux rimes obligées collectives, à partager avec des étrangers qui ne m’intéressent pas. Parce qu’ont jubilé les grands-parents de nos grands parents etc., nous devrions nous aussi ressentir le besoin de la jubilation. Tout cela est écœurant.

Antonio Gramsci, 1er janvier 1916 sur l’Avanti!, édition de Turin, rubrique « Sotto la Mole ») Traduit par Olivier Favier.

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Antonio Gramsci vers 30 ans, au début des années 20.      Lire la suite

Alléluia la Terre !

Un bref point planétaire en ce jour béni (par qui ?).

On ne parlera pas des guerres, des ventes d’armes, de toutes les formes de violence… Cependant l’industrie de l’armement (c’est des emplois, c’est de la croissance !) s’inquiète de l’épuisement des ressources en métaux « stratégiques ». C’est embêtant ! Ici , sauf si on zappe.

 

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A savoir aussi :
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Un ginkgo en automne

Théophraste qui pérégrine régulièrement entre Paris et la thébaïde, un ermitage laïque en pleine nature où il se rend à pied et par les transports en commun (faut-il le rappeler?) s’est avisé de planter sur ce petit domaine de 1200 m2 acquis il y a 8 ans avec ses modestes économies de petit prof, fils de pauvres sans héritage (faut-il le rappeler également ? Cf infra : 70 balais, banzaï !) l’un des arbres les plus vieux de la Terre, antérieur aux dinosaures, un arbre qui ne brûle pas et qui a été le premier à repousser après Fukushima, le Ginkgo Biloba*.

Des arbres et des arbustes il en avait déjà planté sur ce terrain qui il y a 8 ans était une véritable friche mais une friche arborée : des haies d’hibiscus, de lilas et de forsythias livrés à eux-mêmes, un immense sapin qui ne cesse de croître… auxquels il avait ajouté, parallèlement à un travail intensif de défrichage, un cerisier, un pommier, des arbres à papillons etc. Lire la suite

Le cauchemar climatique

Peu de temps après la publication de ce texte d’autres cyclones ont sévi dans la zone caraïbe et dévasté deux petites Antilles, Saint-Martin et Saint-Barthélémy puis Cuba, la Floride, partiellement Hispaniola (Haïti et Saint-Domingue) et beaucoup plus sérieusement La Dominique et Porto Rico.

Il n’est que de lire le texte ci-dessous et de suivre les liens qui renvoient à des publications antérieures pour prendre la mesure de ce qui risque de se produire et dont l’effet nécessairement dévastateur ne sera pas totalement négatif si les humains commencent à prendre conscience de ce que la nature tente de leur communiquer avant de bouleverser drastiquement l’état du monde voire de les anéantir. Ce n’est peut-être pas pour demain mais c’est en cours. La prise de conscience et les inflexions qu’elle entraîne commencent toujours chez quelques individus.  Seriez vous de ceux là ?

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Houston (Texas), quatrième ville des États-Unis, dévastée par un super typhon d’une intensité record jamais égalée (avec quelques incidences sur les plate-formes pétrolières dans le golfe du Mexique et une usine chimique française…), des pluies torrentielles durant des jours et des jours, de gigantesques inondations ; les médias pronostiquant des dizaines de milliards de dégâts (des dizaines de milliards de petits billets verts « in god we trust ») et des années et des années pour la reconstruction. Mais le temps des reconstructions passera. Car ce ne sont que les prémices de probables dévastations bien plus considérables, bien plus irrémédiables et de reconstruction il ne sera un jour même plus question. Lire la suite

Un jardin d’utopie (s) : la thébaïde

Un jardin d’utopie, c’est ainsi qu’historiquement à Paris fut d’abord désigné le Jardin des Plantes du Roi avant qu’il ne devînt plus simplement le Jardin des Plantes annexé au Muséum d’Histoire Naturelle, un lieu merveilleux de promenade en toute saison, sauf peut-être certains dimanches après-midi ensoleillés lorsqu’il y a foule comme dans tous les espaces verts de Paris.

Alors pourquoi la thébaïde de Théophraste s’apparenterait-elle à un jardin d’utopie ?

Une utopie, selon l’étymologie grecque du terme, signifie « en aucun lieu » . Par extension, ce qui relève de l’idéal, de l’imaginaire. Une conception ou un projet qui paraît irréalisable comme dit Le Robert et qui liste pour synonymes : chimère, illusion, mirage, rêve, rêverie.

Faut-il le rappeler ? La thébaïde c’est au cœur d’une ancienne province française, une humble maisonnette en pleine nature, à l’orée d’un gros village où comme on dit « il y a tout », un terrain de dimensions modestes entièrement clos de haies d’hibiscus, forsythias, lilas,chèvrefeuilles, un bois attenant de grands sapins et de feuillus bruissant d’oiseaux, des prairies alentour où paissent pacifiquement un âne, quelques chevaux et de belles vaches blanches (qui ne savent pas ce qui les attend, voir les vidéos de L214 (si vous avez le courage regardez ici, 4’31 terrifiantes) et relire peut-être le texte d’Ovide : Rien ne meurt), avec pour horizon un moutonnement de très vieilles collines chargées d’histoire…

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« Le monde ne sera pas détruit …

par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »

Albert Einstein

« Frères migrants » :
la déclaration des poètes de l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau :

« Les poètes déclarent que le racisme, la xénophobie, l’indifférence à l’Autre qui vient qui passe qui souffre et qui appelle sont des indécences qui dans l’histoire des hommes n’ont ouvert la voie qu’aux exterminations, et donc que ne pas accueillir, même pour de bonnes raisons, celui qui vient qui passe qui souffre et qui appelle est un acte criminel. »

Patrick Chamoiseau

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