Un jardin d’utopie (s) : la thébaïde

Un jardin d’utopie, c’est ainsi qu’historiquement à Paris fut d’abord désigné le Jardin des Plantes du Roi avant qu’il ne devînt plus simplement le Jardin des Plantes annexé au Muséum d’Histoire Naturelle, un lieu merveilleux de promenade en toute saison, sauf peut-être certains dimanches après-midi ensoleillés lorsqu’il y a foule comme dans tous les espaces verts de Paris.

Alors pourquoi la thébaïde de Théophraste s’apparenterait-elle à un jardin d’utopie ?

Une utopie, selon l’étymologie grecque du terme, signifie « en aucun lieu » . Par extension, ce qui relève de l’idéal, de l’imaginaire. Une conception ou un projet qui paraît irréalisable comme dit Le Robert et qui liste pour synonymes : chimère, illusion, mirage, rêve, rêverie.

Faut-il le rappeler ? La thébaïde c’est au cœur d’une ancienne province française, une humble maisonnette en pleine nature, à l’orée d’un gros village où comme on dit « il y a tout », un terrain de dimensions modestes entièrement clos de haies d’hibiscus, forsythias, lilas,chèvrefeuilles, un bois attenant de grands sapins et de feuillus bruissant d’oiseaux, des prairies alentour où paissent pacifiquement un âne, quelques chevaux et de belles vaches blanches (qui ne savent pas ce qui les attend, voir les vidéos de L214 (si vous avez le courage regardez ici, 4’31 terrifiantes) et relire peut-être le texte d’Ovide : Rien ne meurt), avec pour horizon un moutonnement de très vieilles collines chargées d’histoire…

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Lire la suite

Publicités

Une voix me dit : Marche ! …

Où vais-je ? Je ne sais. Mais je me sens poussé
D’un souffle impétueux, d’un destin insensé.
Je descends, je descends et jamais ne m’arrête.
Si, parfois, haletant, j’ose tourner la tête,
Une voix me dit : « 
Marche ! » et l’abîme est profond,
Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond !

Hernani
Victor HUGO (1802-1885)

Pure réminiscence que de citer ici ces vers de Victor Hugo dans Hernani, activée peut-être par le mot marche qu’on entend si souvent prononcé par les temps qui courent.

Les « marcheurs » sont « en marche », et vers quel abîme ? (1)


victor-hugo
Lire la suite

« Mon suicide »

Ainsi que les guillemets l’indiquent il ne s’agit pas de celui de Théophraste mais d’un auteur peu connu qui fut prof de Maths en Suisse et se tira une balle dans le cœur le 7 novembre 1925 au petit matin.

Henri ROORDA (1870-1925)

Il fut aussi un chroniqueur, un philosophe et un humoriste brillant, doté d’une belle ironie mais avant tout un homme de cœur.

« Je vais peut-être me rater. Si les lois étaient faites par des hommes charitables, on faciliterait le suicide de ceux qui veulent s’en aller. (…)

Il faudra que je prenne des précautions pour que la détonation ne retentisse pas trop fort dans le cœur d’un être sensible. »

Tels sont les derniers mots de ce petit essai qu’il faut lire si on aime la vie car ce petit livre est plein de vie. Paradoxal n’est-ce pas pour quelqu’un qui à l’âge de 55 ans a décidé d’en finir ? Lire la suite

« Si haut que l’on soit placé…

 

… on n’est jamais assis que sur son cul. »

Michel de Montaigne (1533-1592)

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Arboretum de l’École du Brueil (Bois de Vincennes) 15/8/2016

La nature a de ces fantaisies et parvient parfois à rappeler aux plus riches et aux plus puissants ce qu’ils ont de commun avec le dernier des humains .

« Une personne sur dix dans le monde vit avec moins de deux dollars par jour. »
Lire la suite

La parabole des porcs-épics

Plus de poésie ! Plus de vie !
Più Poesia
__________________________

Théophraste communique souvent sur le net des infos pas toujours réjouissantes qu’il adresse à des amis et des connaissances. Parfois il a aussi envie de partager ce qui l’a ému ou touché. Ce fut le cas récemment pour cette merveilleuse musique :

Antonio Vivaldi Concerto con molti strumenti RV558

Un de ses correspondants lui ayant écrit en le remerciant que c’était « mieux que toutes les infos lues précédemment » il lui a répondu ceci :

Bien-sûr c’est mieux que les dernières infos. Mais le monde est ainsi fait ; la  beauté, le sublime côtoient la laideur, l’horreur, la corruption. Je suis sensible à tous ces aspects de la vie humaine et je m’efforce de communiquer ce que je ressens car je crois, sans pouvoir expliquer ni pourquoi, ni comment  que nous avons tous la même « âme* ». Chez certains c’est la vilenie, la cruauté et le crime qui prédominent, chez d’autres la compassion, la sensibilité, parfois le génie et pour l’immense majorité des humains la médiocrité.

* Ce mot est employé ici par défaut.

La pensée est alors revenue sur les propos d’un philosophe allemand que Théophraste ne connaissait que de nom, que par sa réputation de pessimisme et de réalisme et dont il n’avait jamais rien lu. C’est au détour d’une émission radiophonique qu’il entendit parler de ce texte de SCHOPENHAUER , un texte si parlant sur la difficulté des relations humaines : Lire la suite