De printemps en printemps

Et ce printemps 2017 est peut-être l’un des plus beaux qu’il soit donné de vivre.

Difficile en effet de contenir sa joie lorsqu’arrivant à la thébaïde l’œil fut d’abord capté par le flamboiement des forsythias mais aussi par le blanc neigeux d’un vaste buisson d’aubépine s’inscrivant dans la perspective de très vieilles collines qui donnent à l’horizon de ce lieu quasi ignoré des hommes l’éternel sens de la terre.

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Une ode champêtre

Théophraste aime marcher, randonner. Il le fit longtemps avec des groupes de différentes obédiences. Il se lassa de tous et décida de marcher seul. Parfois il propose à quelque connaissance de l’accompagner. Marche et conversation se conjuguent alors ; un peu comme le suggérait Aristote et ce peut être un double plaisir que de jouir de la nature et du charme d’une conversation. Ces moments là sont rares cependant, alors il marche seul et jouit exclusivement de la nature.

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La thébaïde « entre les années »

« Entre les années », c’est la traduction littérale d’une expression idiomatique allemande par une amie germanophone de Théophraste.

Ainsi en ces derniers jours de décembre la campagne est toute imprégnée de givre. Et à quelques heures de 2017 le soleil n’a pas percé  depuis deux jours déjà.
Point de neige encore mais Théophraste ne peut s’empêcher de se remémorer une poésie de Maupassant qu’il dut réciter par cœur quand il était enfant.

« La grande plaine est blanche, immobile et sans voix. (…)
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux ! »

Lire le texte complet ICI

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Abondance frugale ou extinction?

Non ce n’est pas un slogan pour les « fêtes » et les bobos écolos vertueux.

Oui c’est un oxymore, vous savez une formule contradictoire, une « figure de style » telle qu’on l’enseigne en classe de 1ère (en principe…). Exemple type : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid)

Alors « abondance frugale », c’est à priori inconcevable. Théophraste n’est pas l’auteur de cet oxymore, il l’a puisé dans un de ces petits livres qu’il lit dans les trains qui le conduisent de Paris à la thébaïde et vice versa, des livres sérieux écrits par des chercheurs qui ne le sont pas moins et qui tentent de proposer des solutions constructives pour sortir nos sociétés de l’impasse mortifère et catastrophique dans laquelle elles sont engagées, car Théophraste veut croire encore que tout n’est pas compromis tant que l’inéluctable n’est pas advenu.

Et il continue de chercher comment on pourrait améliorer ce monde.

Ambition naïve de septuagénaire, propre à susciter un haussement d’épaules, voire un petit rire entendu… Rappelons toutefois qu’il n’a ni enfants, ni petits enfants (ceux pour qui on pense à l’avenir, en principe…) et qu’il pourrait fort bien adopter la philosophie commune qui se résume assez bien par la formule « Après moi le déluge ». Même si ce n’est pas exprimé ainsi, en général ça revient à ça.

Dès la fin des années 60 il a commencé à se préoccuper de l’avenir de la planète. Toujours un peu naïf, n’est-ce pas ? Dans les années 70 il s’est mis à lire René Dumont (1904-2001) qui fut candidat à l’élection présidentielle française de 1974 et dont il feuillette parfois encore  le programme d’alors « L’utopie ou la mort ». Et depuis à mesure que s’éloigne l’utopie, la mort se rapproche… Pour en savoir un tout petit peu plus sur René Dumont, on peut relire sur ce blog : Le désastre, un projet de l’inconscient collectif.

Puis Théophraste s’est intéressé à Ivan Illich (1926-2002), un superbe penseur du XXe siècle, écologiste avant l’heure, dont l’œuvre eut un grand retentissement à travers le monde entier. Des livres comme : Une société sans école, Énergie et équité, Le chômage créateurLa convivialité, Némésis médicale sont toujours très pertinents et peut-être plus que jamais, mais on ne les lit plus, on n’en parle quasiment plus, sauf un petit nombre d’intellectuels parmi lesquels Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’Université d’Orsay qui lui en a publié d’autres, des petits livres simples, faciles à lire, très documentés, édités par Mille et une nuits et qui ne coûtent que quelques euros. Un homme simple et affable qui se déplace dans Paris à vélo même s’il n’est plus tout jeune comme Théophraste.

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Ivan Illich en 1974
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Automne 2016 à la thébaïde (2)

Évidemment le lecteur qui aborde ce blog et ce qui va suivre pourra se demander une fois encore si  Théophraste ne va pas verser dans le catastrophisme et se dire qu’après tout rien ne doit nous empêcher de vivre comme nous l’entendons. Et donc à quoi bon relever ce type de discours, qu’il s’agisse de ce qui a trait aux réfugiés (la crise migratoire !), à l’homophobie, aux expulsions et à tout ce qui fait le quotidien morose de l’individu lambda dans une ville aussi tristement distrayante que Paris ou dans le fin fond d’une province aussi tristement ennuyeuse que n’importe quelle autre.

Théophraste parlera ici encore de la nature, de la manière dont il la vit : travail, soins de la terre et des végétaux, contemplation. Eh oui ! Ça arrive plus souvent à la campagne qu’à Paris…

Rappelons qu’il ne jouit d’aucun privilège. Il a pu acquérir la thébaïde grâce à ses économies de fils de pauvres sans héritage, après avoir galéré presque 4 décennies en exerçant son boulot de petit prof du mieux qu’il a pu dans une institution peu recommandable que tout le monde connaît et qui usurpe outrancièrement le noble terme d’Éducation.

Soyons bref sur le catastrophisme. Un récent rapport du WWF fait état d’une chute drastique de la biodiversité (vertébrés, amphibiens). Il suffit de faire une recherche pour trouver les chiffres qui sont bien sûr alarmants mais à quoi bon s’alarmer !.

Entendu à la radio qu’à ce jour la température au pôle Nord est de 5° alors qu’elle devrait être de moins 25 ; la banquise se rétracte et ne joue plus son rôle de régulateur du climat. D’ici 15 ans l’Arctique sera libre de glace, une aubaine pour de nouvelles exploitations pétrolières. Voilà qui est dit pour le catastrophisme et pour tous les climato-stupides que nous sommes majoritairement puisque tous nous continuons

Mais si les amphibiens disparaissent, on en voit encore ponctuellement à la thébaïde. Ainsi de temps à autre un crapaud dans le caniveau, une grosse salamandre jaune et noire dans la fosse du compteur d’eau…

salamandre Lire la suite

Comment peut-on être une fleur ?

En si peu de mots Jean-Paul Galibert exprime ce lien fugace dont le regard humain est médiateur, lien de vie et qui nous enseigne comme il l’écrit fort bien un « chemin pour exister ». Que ne serait notre monde si dès le plus jeune âge l’enfant était initié à la contemplation de la nature ?

existence!

Une fleur, c’est une coquille de couleur. Sans doute le jardinier, ou le botaniste, la définiront-ils tout autrement; mais ce qui demeure toujours  à dire, c’est la fleur en son vécu, dans l’expansion de son vécu au notre. Comment peut-on être une fleur ? Telle est la question par où la fleur, si singulière en sa manière d’être, m’enseigne une des chemins pour exister. La fleur, en un sens, éclate dans l’espace comme un  feu de couleurs dans la moite immensité du terne. Mais cette explosion est comme retenue. La fleur est un éclat contenu ; elle a la brillance  de l’éclat et la douce modestie, la pudeur de la coquille, qui enroule son mouvement en un infini intérieur. Tout le tact de la fleur est dans l’intimité de son éclat.

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Automne 2016 à la thébaïde (1)

 Je rêve de vers doux … (…)

De vers de soir d’automne ensorcelant les heures (…)

Je rêve de vers doux mourant comme des roses.

Ce bref et magnifique poème d’Albert SAMAIN en lecture complète ICI.

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L’automne à la thébaïde ce sont les travaux que l’on accomplit partout en cette saison : débroussailler et tondre une dernière fois la prairie avant mise à sec et remisage de la tondeuse et de la débroussailleuse, nettoyage des parterres, dernières tailles des arbustes, affronter la chute des feuilles qui vont tout envahir, que les bourrasques de vent vont projeter partout ; balai à feuilles et souffleur seront maintes fois requis. Lire la suite