« La vie c’est de l’eau…

« La vie c’est de l’eau. Si vous mollissez le creux de la main vous la gardez. Si vous serrez les poings vous la perdez. »

Une de ces réflexions superbes comme on en trouve parfois au hasard d’une lecture. En l’occurrence : L’eau vive de Jean Giono. Lire la suite

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Un ginkgo en automne

Théophraste qui pérégrine régulièrement entre Paris et la thébaïde, un ermitage laïque en pleine nature où il se rend à pied et par les transports en commun (faut-il le rappeler?) s’est avisé de planter sur ce petit domaine de 1200 m2 acquis il y a 8 ans avec ses modestes économies de petit prof, fils de pauvres sans héritage (faut-il le rappeler également ? Cf infra : 70 balais, banzaï !) l’un des arbres les plus vieux de la Terre, antérieur aux dinosaures, un arbre qui ne brûle pas et qui a été le premier à repousser après Fukushima, le Ginkgo Biloba*.

Des arbres et des arbustes il en avait déjà planté sur ce terrain qui il y a 8 ans était une véritable friche mais une friche arborée : des haies d’hibiscus, de lilas et de forsythias livrés à eux-mêmes, un immense sapin qui ne cesse de croître… auxquels il avait ajouté, parallèlement à un travail intensif de défrichage, un cerisier, un pommier, des arbres à papillons etc. Lire la suite

Un jardin d’utopie (s) : la thébaïde

Un jardin d’utopie, c’est ainsi qu’historiquement à Paris fut d’abord désigné le Jardin des Plantes du Roi avant qu’il ne devînt plus simplement le Jardin des Plantes annexé au Muséum d’Histoire Naturelle, un lieu merveilleux de promenade en toute saison, sauf peut-être certains dimanches après-midi ensoleillés lorsqu’il y a foule comme dans tous les espaces verts de Paris.

Alors pourquoi la thébaïde de Théophraste s’apparenterait-elle à un jardin d’utopie ?

Une utopie, selon l’étymologie grecque du terme, signifie « en aucun lieu » . Par extension, ce qui relève de l’idéal, de l’imaginaire. Une conception ou un projet qui paraît irréalisable comme dit Le Robert et qui liste pour synonymes : chimère, illusion, mirage, rêve, rêverie.

Faut-il le rappeler ? La thébaïde c’est au cœur d’une ancienne province française, une humble maisonnette en pleine nature, à l’orée d’un gros village où comme on dit « il y a tout », un terrain de dimensions modestes entièrement clos de haies d’hibiscus, forsythias, lilas,chèvrefeuilles, un bois attenant de grands sapins et de feuillus bruissant d’oiseaux, des prairies alentour où paissent pacifiquement un âne, quelques chevaux et de belles vaches blanches (qui ne savent pas ce qui les attend, voir les vidéos de L214 (si vous avez le courage regardez ici, 4’31 terrifiantes) et relire peut-être le texte d’Ovide : Rien ne meurt), avec pour horizon un moutonnement de très vieilles collines chargées d’histoire…

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De printemps en printemps

Et ce printemps 2017 est peut-être l’un des plus beaux qu’il soit donné de vivre.

Difficile en effet de contenir sa joie lorsqu’arrivant à la thébaïde l’œil fut d’abord capté par le flamboiement des forsythias mais aussi par le blanc neigeux d’un vaste buisson d’aubépine s’inscrivant dans la perspective de très vieilles collines qui donnent à l’horizon de ce lieu quasi ignoré des hommes l’éternel sens de la terre.

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Une ode champêtre

Théophraste aime marcher, randonner. Il le fit longtemps avec des groupes de différentes obédiences. Il se lassa de tous et décida de marcher seul. Parfois il propose à quelque connaissance de l’accompagner. Marche et conversation se conjuguent alors ; un peu comme le suggérait Aristote et ce peut être un double plaisir que de jouir de la nature et du charme d’une conversation. Ces moments là sont rares cependant, alors il marche seul et jouit exclusivement de la nature.

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La thébaïde « entre les années »

« Entre les années », c’est la traduction littérale d’une expression idiomatique allemande par une amie germanophone de Théophraste.

Ainsi en ces derniers jours de décembre la campagne est toute imprégnée de givre. Et à quelques heures de 2017 le soleil n’a pas percé  depuis deux jours déjà.
Point de neige encore mais Théophraste ne peut s’empêcher de se remémorer une poésie de Maupassant qu’il dut réciter par cœur quand il était enfant.

« La grande plaine est blanche, immobile et sans voix. (…)
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux ! »

Lire le texte complet ICI

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Abondance frugale ou extinction?

Non ce n’est pas un slogan pour les « fêtes » et les bobos écolos vertueux.

Oui c’est un oxymore, vous savez une formule contradictoire, une « figure de style » telle qu’on l’enseigne en classe de 1ère (en principe…). Exemple type : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid)

Alors « abondance frugale », c’est à priori inconcevable. Théophraste n’est pas l’auteur de cet oxymore, il l’a puisé dans un de ces petits livres qu’il lit dans les trains qui le conduisent de Paris à la thébaïde et vice versa, des livres sérieux écrits par des chercheurs qui ne le sont pas moins et qui tentent de proposer des solutions constructives pour sortir nos sociétés de l’impasse mortifère et catastrophique dans laquelle elles sont engagées, car Théophraste veut croire encore que tout n’est pas compromis tant que l’inéluctable n’est pas advenu.

Et il continue de chercher comment on pourrait améliorer ce monde.

Ambition naïve de septuagénaire, propre à susciter un haussement d’épaules, voire un petit rire entendu… Rappelons toutefois qu’il n’a ni enfants, ni petits enfants (ceux pour qui on pense à l’avenir, en principe…) et qu’il pourrait fort bien adopter la philosophie commune qui se résume assez bien par la formule « Après moi le déluge ». Même si ce n’est pas exprimé ainsi, en général ça revient à ça.

Dès la fin des années 60 il a commencé à se préoccuper de l’avenir de la planète. Toujours un peu naïf, n’est-ce pas ? Dans les années 70 il s’est mis à lire René Dumont (1904-2001) qui fut candidat à l’élection présidentielle française de 1974 et dont il feuillette parfois encore  le programme d’alors « L’utopie ou la mort ». Et depuis à mesure que s’éloigne l’utopie, la mort se rapproche… Pour en savoir un tout petit peu plus sur René Dumont, on peut relire sur ce blog : Le désastre, un projet de l’inconscient collectif.

Puis Théophraste s’est intéressé à Ivan Illich (1926-2002), un superbe penseur du XXe siècle, écologiste avant l’heure, dont l’œuvre eut un grand retentissement à travers le monde entier. Des livres comme : Une société sans école, Énergie et équité, Le chômage créateurLa convivialité, Némésis médicale sont toujours très pertinents et peut-être plus que jamais, mais on ne les lit plus, on n’en parle quasiment plus, sauf un petit nombre d’intellectuels parmi lesquels Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’Université d’Orsay qui lui en a publié d’autres, des petits livres simples, faciles à lire, très documentés, édités par Mille et une nuits et qui ne coûtent que quelques euros. Un homme simple et affable qui se déplace dans Paris à vélo même s’il n’est plus tout jeune comme Théophraste.

ivan_illich1974

Ivan Illich en 1974
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